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Commissions : quelle réponse des compagnies aériennes aux agences de voyages tunisiennes ?

A partir du 1er avril 2008, et si les informations que nous avons publiées hier, se confirment, les agences de voyage adopteront de frais de dossier lors de la vente de billets d’avions. Elles toucheront également en sus les commissions accordées par les compagnies. Ce double-commissionnement qui va à l’encontre des intérêts du client final sera-t-il accepté par les compagnies aériennes ? Nous avons interrogé quelques unes et il semblerait que les avis soient partagés.

Avec 7% de commission et des frais de dossier, les agences de voyage auront de confortables revenus dans la période à venir. Des revenus qui viendront compenser, un tant soit peu, les déficits accumulés, pour beaucoup d’entre eux. Reste qu’il n’est pas évident que ce double commissionnement, si l’on peut dire, plaise aux compagnies aériennes. C’est que la question de commission zéro (qui est devenue 1% en Tunisie) a été mise en place par les compagnies pour essayer de grignoter un peu plus après les pertes abyssales enregistrées en raison du 11-Septembre et de l’envolée des prix du kérosène.
Alors que ce Nouveau Modèle Economique est déjà adopté un peu partout dans le monde, les agences de voyages et compagnies aériennes en Tunisie n’ont toujours pas réussi à trouver un terrain d’entente sur le sujet. Au début, ce sont les agences qui ne voulaient reporter le décommissionnement, le temps qu’elles se mettent à niveau, puis c’est devenu au tour des compagnies de laisser trainer les choses.

En chef de file, Tunisair qui multiplie le report au prétexte de préserver les intérêts du citoyen. Les autres compagnies, pour leur part, refusaient de faire le premier pas et attendaient voir. Deux exceptions : Air France qui a joué au forcing, assurée, il faut l’avouer, par le taux de remplissage de ses avions ; et Air Europa.
Reste à savoir maintenant comment vont réagir les compagnies après la probable entrée en vigueur de la NME par les agences, mardi prochain. Vont-elles accepter de passer à côté de gros montants qu’encaisseront « à leur place » les agences ? Joueront-elles le forcing au risque de les mécontenter ?
Nous avons contacté un responsable dans une compagnie aérienne arabe qui nous a répondu qu’il ne peut s’amuser à imposer la NME aux agences et risquer de voir ses clients partir vers la concurrence. « Sur un petit marché, comme la Tunisie, nous n’avons d’autre choix que de trouver un compromis avec les agences et ce compromis ne se fait pas compagnie par compagnie, mais tous ensemble. »

Du côté d’Emirates, Mme Safia Mekki directrice du bureau de Tunis répond qu’ils sont en train de négociation avec la Fédération Tunisienne des Agences de Voyage. Ils ne s’opposent pas au principe et ils vont appliquer le Nouveau Modèle Economique (NME) dès lors qu’il y a satisfaction des intérêts de toutes les parties prenantes. En clair, et alors que la FTAV semble avoir agi seule, la compagnie émiratie entend encore négocier.
De notre côté, nous savons que les compagnies aériennes arabes sont réputées pour être généreuses (voire très généreuses) avec les agences. Même si elles passent à 1%, nous restons persuadés qu’il y aura beaucoup d’autres gratifications de compensation.

Du côté de la Lufthansa, on est décidé à appliquer le NME dans quelques semaines si l’information de l’application de frais de dossiers par les agences se confirme.
M. Werner Kellerhals, directeur de la représentation de la compagnie allemande en Afrique du Nord, nous indique que si la Lufthansa n’a pas appliqué la commission à 1%, c’était pour répondre à la demande des agences de voyage qui voulaient bien se préparer d’abord au NME (mise en place des solutions informatiques, formation, étude et analyse du nouveau système…). « C’est notre souhait de réduire la commission à 1%, vu que c’est ce qui se passe partout dans le monde et parce que c’est notre politique à Lufthansa », nous dit-il.
Baissera-t-il donc la commission le 1er avril ? « Jusque là, je n’ai rien reçu d’officiel de la part de la FTAV et je ne suis informé de cette nouvelle situation que par le biais de la presse et des rumeurs dans le milieu. Si l’information se confirme, oui nous passerons nous aussi au NME et la commission à 1%. » Pour des raisons d’ordre logistique et technique, ce passage mettra à peu près un mois pour se faire. En ce qui concerne ses clients, M. Kellerhals nous rassure que le prix du billet demeurera inchangé à son niveau.

Reste maintenant Tunisair que toutes les autres compagnies attendent (ou attendaient) d’ailleurs.
M. Moncef Ben Dhahbi, directeur central de la production chez Tunisair a indiqué, dans une interview publiée lundi dernier par notre confrère Al Ousbouï, qu’un accord est intervenu entre sa compagnie et la FTAV et une grille de services a été mise en place. Reste qu’il y a eu un problème relatif à la TVA à hauteur de 18 % qui allait alourdir la charge sur le client.
Comme nous l’indiquions dans notre édition d’hier, Tunisair a le souci de préserver le pouvoir d’achat du citoyen et ne veut pas alourdir ses charges. « Pour cette raison, nous avons suggéré d’intégrer la TVA dans les frais de service et faire des tarifs de la grille des tarifs en TTC et non pas en HT, a indiqué M. Ben Dhahbi. Nous avons fait cette proposition au gouvernement et sommes en attente d’une décision et nous espérons que le dossier aboutisse à une issue définitive rapidement et pour le bien de tous. »
La balle (ou la patate chaude) est donc renvoyée au ministère des Finances !

Notons pour finir que cette question de NME ne va pas avantager le passager puisque la réduction de la commission va profiter à la compagnie et non pas au client final.
Le prix du billet demeurera le même au niveau de la compagnie, mais le client final devra ajouter en plus les frais de dossier de l’agence. En clair, ce client aura plutôt intérêt à se diriger vers le bureau de représentation de la compagnie qu’il désire prendre plutôt que d’aller vers une agence. Question d’épargner les frais de dossier qui peuvent atteindre quelques centaines de dinars pour des vols long courrier.

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