Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Comment créer des dragons dans la Méditerranée

Responsables politiques, professionnels du capital investissement, investisseurs institutionnels, chefs d’entreprises, responsables économiques et financiers, gestionnaires de Fonds des deux rives de la Méditerranée se sont réunis du 24 au 26 avril pour le 2ème Forum Euro- Méditerranéen du Capital investissement et du Financement des PME. Un forum qui a choisi pour sa deuxième édition le thème : « capital investissement, accélérateur de croissance dans les pays riverains de la Méditerranée ».
Le choix du pays hôte, la Tunisie en l’occurrence, n’est pas fortuit et témoigne de l’intérêt porté par les investisseurs du nord à la rive sud de la méditerranée. Ce mouvement de capitaux est un catalyseur de croissance et de convergence pour les pays du sud.


Placé sous le haut patronage du Président de la République, le 2ème Forum Euro- Méditerranéen du Capital investissement et du Financement des PME, est organisé par l’Association Euro-Med Capital. L’association a convié à ses assises quelques 500 personnes des deux rives de la Méditerranée, qui se sont retrouvés autour de sept séances plénières et neuf tables rondes réparties en thématiques aussi importantes les unes que les autres. Il s’agissait, in fine, de partager les expériences du gratin de la finance méditerranéenne et de soutenir la dynamique de l’investissement en capital dans la région Euro-Med, notamment, dans les Pays Tiers Méditerranéens (PTM).
En définitive, la manifestation ambitionne de rapprocher à la fois les différents acteurs du Capital Investissement et de partager les différentes expériences vécues. Il s’agit également de créer des passerelles professionnelles dans l’ensemble du Bassin Euro Méditerranéen, à travers la consolidation du développement des entreprises du secteur privé et la création d’emplois. Des objectifs que l’on envisage de réaliser grâce notamment, à la contribution du Capital Investissement dans la région Euro-Med.
S’il et vrai que les premiers jalons de l’activité du Capital Investissement en Tunisie remonte à 1973, suite à la création d’un Fond de promotion et de décentralisation industrielle (FOPRODI), il n’en demeure pas moins qu’elle n’a connu un essor important qu’après la mise en place d’un cadre juridique spécifique à la profession en 1995. Un cadre qui a organisé le métier autour des priorités nationales en matière de promotion des investissements et de la création d’entreprises.
Dans ce sens, M. Rachid Kechiche, Ministre des Finances, a déclaré à l’ouverture de la manifestation : « nous avons accordé au capital risque des missions de relance de l’investissement dans les zones de développement régional, d’appui aux jeunes promoteurs et aux PME. »
Le ministre a rappelé que l’État a mis en place un dispositif qui privilégie le financement-acompagnement par le soutien du capital risque de proximité en assistant les jeunes promoteurs dans la finalisation des études techniques et financières des projets et l’adoption de montages financiers adaptés.
Parallèlement, les pouvoirs publics ont encouragé l’émergence de fonds dédiés à l’essaimage afin de favoriser la création de PME par les salariés des entreprises. Se sont associées à l’essaimage plusieurs grandes entreprises aussi bien du secteur public que du secteur privé.
Le ministre a souligné que« les autorités ont été à l’origine de la création de Fonds d’amorçage afin de compléter la chaîne de financement des projets innovants issus de la recherche scientifique. Ceci a été permis par la mise en place d’un cadre approprié et attractif pour le développement de ce type de financement et en encourageant le lancement des premiers fonds avec l’engagement de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) ».
Cette politique d’encouragement se traduit aujourd’hui par un paysage capital investissement composé de 40 SICARs, sept FCPR, et de deux FA. Des structures qui, en 12 ans, ont approuvé 1800 projets pour une enveloppe de 700 MD.
Au cours des trois dernières années, 63% des projets approuvés sont des créations, même si ces créations ne représentent que 39% de l’enveloppe totale ».
En dépit de ces résultats positifs, le capital investissement en Tunisie, peut mieux faire.
« Il suffit de pousser vers l’amélioration du professionnalisme du capital investissement en Tunisie et veiller, surtout, à ce que les participations des SICARs soient réellement sous forme d’implication claire dans le capital et non matérialisées par des conventions de portage avec des conditions de sorties pré-établies, assimilées hélas, à des crédits déguisés », a déclaré le ministre.
« Il faudrait, par ailleurs, que les promoteurs changent de mentalité vis-à-vis des capitaux investissements. En effet, ces derniers sont mal perçus par les promoteurs, qui voient dans leur intervention, une tentative de s’approprier leurs idées, leurs projets et de les priver de la gestion directe de l’entreprise qu’ils comptent créer, avec une préférence quasi unanime pour une dotation remboursable, plutôt qu’une forme de participation », devait préciser M. Kechiche.
Au cours de la première journée du forum, les participants se sont intéressés aux enjeux et aux défis de la région. Pour certains, le défi majeur est de saisir les opportunités d’investissement sur les deux rives de la Méditerranée. Pour d’autres, le défi majeur est l’information, d’où la création de plateforme dans la région contenant des informations actualisées, non seulement sur les risques mais également sur leurs gestions.
Pour Arnaud de Bresson, délégué général, Paris Europlace, il s’agit de pousser la réflexion pour répondre à la question : comment lier l’industrie financière et le développement des PME ? A cet égard, il a indiqué que la Bourse de Paris, offre des opportunités aux opérateurs de la rive sud désireux de se lancer sur le marché de l’Euro.
Pour Jean-Louis Guigou, Président de l’IPEMED, la priorité devrait être accordée au rapprochement par l’économie des deux rives de la Méditerranée.
L’idée de la constitution d’une Union Pour la Méditerranée (UPM) semble appropriée. Mais, pour réussir ce pari, il faudrait se comprendre mutuellement et il faudrait surtout que les pays du Nord, changent leur perception des pays du Sud. De pays, qui à leur sens, ne se sont pas suffisamment développés comparativement à la Chine ou à l’Amérique Latine.
M. Guigou a tenté dans son intervention de rectifier le tir et d’éclairer l’opinion et d’indiquer que ce ne sont pas des pays qui se sont développés tous seuls (Chine, Amérique latine), mais plutôt des blocs économiques organisés et solides.
« Si la Chine a réussi à se développer, c’est que le Japon a décidé volontairement de déplacer ses capitaux vers ce pays afin de soutenir son développement. Les pays du Nord devraient en faire autant avec les pays du Sud, afin d’en créer des dragons de la Méditerranée », a souligné le Président de l’IPEMED.
Car, a-t-il ajouté, la seule porte de sortie d’une léthargie économique, c’est une Union Pour la Méditerranée. « Au regard d’une projection réalisée en 2004 en Tunisie par l’IPEMED, l’Europe court à sa perte si, à l’horizon 2040, elle se suffit encore aux « blonds aux yeux bleus » »
En effet, sa part dans le PIB mondial subirait un coup et passerait de 22%, actuellement, à 12% en 2040. Parallèlement les pays du Sud, en l’absence d’une Méditerranée unie risqueraient d’être ballottés comme des confettis par la mondialisation et seraient dans l’incapacité de faire face aux chocs. Le mieux serait de garantir un développement d’un bloc unique où l’on joue la carte de la complémentarité. En effet, nous avons besoin les uns des autres et chacun de nous peut trouver dans l’autre ce qui lui manque. Pour l’Europe, elle trouverait dans le Sud une jeunesse, des ressources humaines et des marchés. Les pays du Sud trouveraient dans le Nord, les principes de la bonne gouvernance, le savoir faire et le progrès technologique.
La région Euro-Med, avec plus de 450 millions d’habitants (soit 7% de la population mondiale), accaparant près de 20% du PIB mondial et 15% des richesses de la planète (qui sont toutefois inégalement réparties), représente un ensemble économique considérable et un enjeu d’avenir important.
Sa prospérité et sa stabilité dépendent pour une large part du développement des rives sud et orientale du Bassin. Aux côtés des financements publics bilatéraux et multilatéraux, le Capital Investissement a un rôle déterminant à jouer pour l’essor économique de la région. Il est l’outil privilégié du développement du secteur privé et des partenariats entre entreprises du Nord et du Sud, tous deux facteurs de création d’emploi, de transfert de savoir-faire et de levier d’investissements.
Crédit photos : Agence Chaïrat

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers