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A la reconquête des marchés perdus

Les résultats du tourisme du premier trimestre 2008 ne sont pas fameux. La concurrence s’endurcit de plus en plus et la situation du secteur hôtelier est loin d’être bonne.
Le ministère du Tourisme a mis en place une stratégie qui tarde à s’appliquer. Quelle est cette stratégie, quand est-ce qu’elle entrera en vigueur et qu’est-ce qu’on va faire pour que la Tunisie demeure une destination privilégiée et prisée ?

Depuis 2001, l’année record pour le tourisme tunisien et l’année référence en termes de réalisations notamment sur les marchés traditionnels, la Tunisie essaie tant bien que mal de redresser la barre. Les chiffres des années précédentes témoignent au terme de chaque exercice d’évolutions certaines, certes, mais ces réalisations ne permettent toujours pas d’atteindre les performances de 2001. Et ce, essentiellement au niveau des marchés stratégiques à savoir l’Allemagne, la Grande Bretagne et l’Italie.
En effet, et en dépit des efforts déployés depuis le début de cette année, ces trois marchés ont persisté dans la baisse au terme du 1er trimestre 2008. L’Allemagne a affiché une régression de -5,4%, l’Angleterre a fini la période avec un recul de -12,1% et l’Italie n’a pas fait mieux avec -3,5%.
Désormais, la Tunisie passera à une vitesse supérieure et semble déterminée à relever le défi de la riposte. Elle n’a de toute façon pas le choix. Pour réaliser cet objectif, sur des bases solides, une stratégie de développement du tourisme tunisien à l’horizon 2016 entrera bientôt en vigueur avec un plan opérationnel.

Il s’avère que l’investissement dans ce secteur a connu également un incontestable recul et ce pour différentes causes. A savoir, la rentabilité du tourisme en raison de l’endettement du secteur, mais aussi de la dépréciation du dinar contre la flambée spectaculaire de l’euro.
A cette donne non sans engendrer des répercussions négatives sur le secteur, s’ajoute notamment la régression de la destination sur ses principaux marchés traditionnels, laissant ainsi le terrain vide devant d’autres concurrents qui n’ont sans doute pas raté l’opportunité d’améliorer leur positionnement.
L’importance du marché européen demeure indiscutable. M.Khelil Laâjimi, ministre du Tourisme, souligne en effet l’intérêt qui est accordé à ce marché puisqu’il est le 1er en termes d’entrées de visiteurs, mais surtout en termes d’entrées en devises. Il accapare à ce titre 85% du total de ces entrées, contre 10 à 12% pour le marché maghrébin.
Avec une nouvelle stratégie de développement et un plan opérationnel, la Tunisie pourrait aujourd’hui mieux envisager son action ou plutôt sa réaction. D’autant plus que les marchés stratégiques bénéficient d’un intérêt plus accru, compte tenu de leur importance. L’effort ne sera donc pas mince et il s’agit de redéployer à cet effet le budget promotionnel afin d’aspirer à des actions conséquentes.
Dans ce cadre, la Tunisie a décidé d’adopter des contrats-objectifs qui s’étaleront sur une période de trois années, avec les principaux TO allemands, anglais et italiens opérant sur la Tunisie. La valeur de l’enveloppe allouée à ces contrats s’élève à 15,5 millions de dinars par an.

La commission chargée de passer la position de la destination à la loupe sur ces différents marchés, n’a pas cependant pas encore dévoilé son verdict, tant attendu par les professionnels du secteur. Cette commission, qui a déjà préparé et soumis son rapport à la tutelle, a relevé toutes nos lacunes et a comparé notre manière de faire à celle des concurrents qui ne lésinent ni sur les moyens ni sur les idées.
Dans ce contexte, il importe de rappeler que la rencontre consacrée, il y a un an, aux TO et agents de voyages allemands opérant sur la Tunisie pour faire part de leurs observations, a révélé de nombreuses failles. Celles-ci se rapportent essentiellement au service.

En effet, et malgré les avancées enregistrées en termes d’infrastructures, le service dans bon nombre d’hôtels tunisiens ainsi que dans les commerces para-hôteliers laisse encore à désirer. Les touristes allemands semblent avoir dénoncé cet aspect peu reluisant de leurs séjours. Depuis ce temps d’évaluation, l’on se demande ce qui s’est fait de concret pour pallier à ce point noir d’une grande conséquence.
L’application des normes de qualité de 2005 constitue, certes, une mesure fort bénéfique à même d’inciter les hôteliers à être plus rigoureux, mais on n’entend plus parler de l’entrée en vigueur de ces normes draconiennes et l’opération de classement ou de reclassement des unités. Notons, d’ailleurs, qu’on ne voit pas vraiment de haute qualité parmi plusieurs unités qui se sont vu confirmer leurs cinq étoiles. En clair, les vrais 5 étoiles de la Tunisie (au regard international de la catégorie) se comptent sur les doigts. Idem pour les 4 étoiles. Autant de points qui ne servent nullement les intérêts de l’hôtellerie et encore moins de la destination. Surtout que chez nos concurrents, notamment au Maroc où les chaînes de prestige sont de plus en plus intéressées à s’y implanter. De notre côté, et face au lourd endettement du secteur, la situation ne fait que se compliquer davantage. Pourtant, une hôtellerie de luxe et forte d’un service irréprochable demeure la clé d’un séjour réussi et de la fidélisation de la clientèle. L’alternative à travers de nouvelles formules d’hébergement est aussi d’actualité avec le début d’un boom de gîtes ruraux un peu partout ainsi que des maisons d’hôtes, pour n’en citer que ces exemples. Cela n’est toutefois pas en mesure de voiler les lacunes de l’hôtellerie qui perd de la vitesse et porte préjudice au secteur.

En conséquent, les marchés traditionnels qui ont renoncé en partie à la Tunisie, se tournent vers d’autres destinations qui concilient la diversification de leurs produits à des services très souvent zéro faute. Ce qui nous appelle à nous ressaisir et agir pour gagner du temps et ce en concrétisant les ambitions affichées dès le début de 2008 qui a été baptisée l’année du choix et du redéploiement. A priori, l’évaluation du 1er semestre ne tardera plus à se faire comme elle a été décidée par le ministère de tutelle qui se penchera sur ses réalisations par rapport à ses efforts au terme du mois de juin. Cette évaluation permettra aux décideurs de déterminer les axes publicitaires pour la période à venir ainsi que les campagnes promotionnelles adéquates. D’autant plus que la saison estivale, synonyme de pics, est en train d’approcher, sans occulter l’importance de l’arrière-saison qui présente de nombreuses opportunités tant en termes d’entrées de touristes que de recettes en devises.
En attendant, et au vu des résultats fort timides du premier trimestre (pour ne pas dire autre chose), on constate que c’est encore loin d’être gagné…

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