Les fondamentaux du secteur bancaire en Tunisie sont assez bons au regard des résultats financiers, couvrant le 1er semestre 2008, des principales banques tunisiennes. En effet, les résultats d’exploitation sont en sensible augmentation. C’est ce que révèle la dernière étude d’Oxford Business Group sur le secteur bancaire en Tunisie.
Les résultats en hausse ne peuvent que faire le bonheur du secteur bancaire national confronté à un grand nombre de défis tout au long de ses dernières années. D’ailleurs, la plupart des institutions bancaires, a vu ses résultats entachés par la part des créances douteuses (impayées) dans le total des engagements, estimé à 17,3% en moyenne, contre 5%, voire moins, dans les autres pays méditerranéens. Ce sont les conséquences des prêts douteux, en partie hérités d’un secteur bancaire initialement orienté et surtout attaché au financement de projets d’infrastructure publics à caractère industriel et commercial, Mais qui, par ailleurs, reflète une mauvaise gestion prudentielle.
Entre temps, le secteur bancaire a fait des progrès et a œuvré en faveur d’une nouvelle image à l’échelle internationale. Aussi, le renforcement de l’industrie financière et bancaire tunisienne a-t-il permis de rehausser l’image du secteur, à l’échelle régionale. Plus encore, en retour, ce rehaussement de l’image a suscité un regain d’intérêt de la part des investisseurs étrangers. En témoignent les nouveaux projets à l’instar de la création d’un centre financier au Nord de Tunis, promu par la Gulf Finance House. D’une superficie de 450 ha, le projet offre aux sociétés financières la possibilité de construire des bureaux sur mesure, et serait le premier centre financier offshore en Afrique du Nord.
L’image rehaussée du secteur bancaire s’est certes traduite par de nouveaux investissements et un nouvel intérêt des promoteurs étrangers à la Tunisie. Mais encore, il a été le fruit des multiples réformes engagées dans le secteur financier et bancaire. Des réformes qui se poursuivent encore, aujourd’hui et qui ont permis aux principales banques tunisiennes de réaliser des résultats d’exploitation positifs.
En effet, la Banque de l’Habitat, institution financière publique, a enregistré une croissance de 50%, de ses revenus, au cours des six premiers mois de l’année 2008. De résultats rendus possibles grâce à une hausse des intérêts et des commissions bancaires perçues.
Aussi, la Banque a-t-elle enregistré une croissance au niveau de son bénéfice net. Celui-ci est passé de 15 millions de dollars, au premier semestre 2007, à 22,7 millions de dollars, au premier semestre 2008. D’un autre côté, le produit bancaire de la Banque de l’Habitat, a enregistré une croissance de l’ordre de 14%, au cours de la même période.
Quant à la Banque Tunisie, une des principales banques privées du pays, elle a affiché un bénéfice net en hausse de 15%. U bénéfice qui est passé de 19 millions de dollars, à environ 23 millions de dollars. Une croissance nette du résultat de la banque est essentiellement due, à la croissance importante des intérêts et des commissions bancaires perçues. Autres banques performantes, au cours du premier semestre de l’année 2008, la Société Tunisienne de Banque (STB), banque publique, et première banque tunisienne en termes de volume d’actifs. Elle a, elle aussi enregistré une croissance solide. En effet, son résultat d’exploitation est en augmentation de 9,3% suite notamment à une croissance des dépôts. Quant au bénéfice net de la STB, il reste inchangé, avec 28 millions de dollars.
Force est d’admettre qu’au regard des résultats communiqués, on peut constater aisément que la STB, la BH et la Banque Nationale Agricole (BNA) représentent, à elles seules, 47% de l’ensemble des crédits octroyés en Tunisie.
Rappelons que le secteur bancaire tunisien compte quelque 43 institutions financières, dont 20 banques universelles, 8 offshores, et un certain nombre de sociétés d’affacturage et de crédit-bail. « Un secteur qui se caractérise par une fragmentation, doublée d’une forte concurrence affectant les marges bancaires, faibles, et la poursuite d’une stratégie d’expansion à long terme, tandis que les efforts de consolidation sont rares en nombre et en temps ». Le même document d’oxford Business group fait remarquer cependant que les « principaux indicateurs du secteur financier national, qui représente une large portion de l’activité boursière, progressent de manière continue. Le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI), publié au mois de juillet, note que le ratio de créances douteuses demeure élevé mais que le secteur est en passe de prendre les mesures nécessaires pour améliorer la viabilité des prêts octroyés, comme en témoigne le recul du taux de créances douteuses depuis 2004, en diminution de 7 points ».
A cela s’ajoute le fait que la « Banque Centrale de Tunisie s’est engagée à ramener ce taux à 15% d’ici à 2009 et s’efforce d’établir le taux de provisionnement des créances douteuses à hauteur de 70%, une mesure qui permettrait de conforter la résilience du système bancaire ».
D’un autre côté, sous l’impulsion d’un programme de privatisation, le secteur privé occupe de plus en plus le devant de la scène, avec une place de plus en plus importante sur le marché. Et, bien que le processus de privatisation de la Banque Franco-Tunisienne ait été reporté, pour des raisons et des considérations judiciaires, et à une vérification de ses comptes, « la cession d’une majorité du capital de la Banque Tuniso-Koweitienne (BTK) au Groupe Caisse d’Epargne (GCE) a permis de donner un nouvel élan au processus de privatisation. L’offre de reprise du GCE par le gouvernement tunisien et koweitien – qui leur a permis d’acquérir 60% du capital de la BTK, ex-banque de développement, pour environ 240 millions de dollars – représente un exemple réussi de privatisation ».
Parallèlement au programme de privatisation, la Banque centrale s’est engagée à mettre en œuvre des mesures tendant à améliorer le cadre légal du secteur bancaire, en vue de l’adapter aux normes et aux standards internationaux, notamment à travers l’application des normes internationales Bâle II. Parallèlement, la BCT délègue aux banques le pouvoir d’exécuter les transactions liées aux opérations de couverture. A cet effet, le document d’Oxford Business Group relève qu’un comité stratégique de la banque centrale a établi la date de la mise en oeuvre des accords de Bâle II, à l’horizon 2010. Objectif : Améliorer la gouvernance d’entreprise et la couverture des risques, ainsi que la qualité des services.
Insaf.B.
La confiance consolidée, l’image de marque renforcée

Mis à jour le: 17 septembre, 00:00
17 septembre 2008, 00h00
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