Prêts pour des projets virtuels, corruption, erreurs et dépassements de tous genres. Le rapport explosif établi par de hautes instances nationales n’a pas du tout été clément à l’encontre des banques tunisiennes.
L’existence de ce rapport a été révélée par l’hebdomadaire tunisien Al Ousbouï dans son édition du lundi 22 septembre 2008. On y apprend, par exemple, qu’une banque spécialisée dans l’octroi de crédits destinés à un secteur sensible dans l’économie a commis de graves erreurs dans le traitement de dossiers de crédits importants, ce qui a généré des pertes importantes pour la banque. Des responsables au sein de cette banque se sont permis de ne pas prendre les garanties et hypothèques nécessaires lors de l’octroi de plusieurs crédits et ont même délivré des « main levée », alors que les crédits en question n’ont pas été honorés. L’ »erreur »a fait qu’il est devenu impossible de se faire rembourser les crédits en raison, notamment, des délais légaux largement dépassés et à cause de l’absence de garanties. L’ »erreur » touche onze dossiers et un montant de l’ordre de 18 millions de dinars.
Sur un autre chapitre, il s’avère qu’on a délivré une « main levée » sur une hypothèque immobilière à une entreprise alors que celle-ci avait des crédits cumulés non remboursés de l’ordre de 6,4 millions de dinars.
Le même rapport fait état de défaillances dans le dossier d’une entreprise ayant un crédit de 622.000 dinars sans garantie aucune et sans la réalisation des procédures réglementaires ordinaires.
Une autre entreprise a réussi, pour sa part, à lever un crédit de 264.000 dinars contre une hypothèque sur un bien n’appartenant pas aux garants.
Dans d’autres dossiers, il sera question de différents types de défaillances. Ainsi, chez une banque octroyant des crédits pour des petits projets, on a découvert des dossiers de projets virtuels financés par cette banque. Des agents de la banque seraient impliqués. Ils auraient obtenu des commissions occultes. Une enquête est en cours à ce sujet. On aurait également découvert des différences entre la valeur réelle des biens ayant bénéficié d’un crédit et ce qui a été livré comme marchandises. Dans cette affaire, ce sont des fournisseurs, ayant attiré de faux investisseurs, qui seraient impliqués.
On a également découvert des fournisseurs livrant des marchandises ne faisant pas partie de leurs activités.
Une enquête a été menée et des décisions ont été prises pour que de tels actes ne se reproduisent plus. Selon notre confrère, l’entité ayant réalisé ce rapport a fait part d’une série d’observations et de suggestions pour mettre fin à l’ensemble de ces défaillances. L’entité a également invité les intéressés à plus de fermeté et de sérieux dans le traitement des différents dossiers.










