Le groupe londonien « The Economist » a organisé vendredi 24 octobre 2008 au Sheraton de Tunis une table ronde sur le potentiel économique de la Tunisie. Première du genre, cette table ronde a été rehaussée par la présence du Premier ministre Mohamed Ghannouchi et d’un bon nombre d’investisseurs, d’hommes d’affaires, de représentants de chambres de commerce européennes en Tunisie, etc.
Dans son allocution, Mohamed Ghannouchi a présenté un bel et honorable aperçu sur l’économie tunisienne, les programmes prévus lors de la prochaine étape et n’a pas manqué, naturellement, d’évoquer la crise actuelle et ses répercussions sur une économie émergente comme la nôtre.
Le Premier ministre a présenté aux différents responsables et observateurs européens présents (il n’y avait pas que des Britanniques) la politique tunisienne qui a su respecter les critères de Maastricht, grâce à laquelle la Tunisie a pu soutenir un rythme de croissance de 5% en moyenne et figurer désormais parmi les pays émergents et non plus parmi les pays en voie de développement.
Pour ce faire, la Tunisie a dû adopter un ambitieux programme de mise à niveau, assouplir son administration (qui n’a plus rien à voir avec celle d’il y a quelques temps, indique M Ghannouchi avant d’évoquer le grand chantier l’administration électronique), réformer son secteur bancaire et parier sur ses richesses humaines.
Interrogé sur la crise, le Premier ministre a indiqué que la Tunisie n’a pas été ébranlée pour différentes raisons liées à sa politique monétaire et financière, la taille de son marché financier et l’identité de ses investisseurs étrangers qui ne sont pas là en Tunisie pour spéculer.
Autant de raisons qui font qu’il n’y a aucun programme de nationalisation de banques. « Au contraire, indique le Premier ministre en réponse à une question d’un investisseur, nous avons privatisé trois banques ces dernières années. »
Interrogé sur la flexibilité dans la politique tunisienne en matière d’emploi, Mohamed Ghannouchi a indiqué que la Tunisie a toujours adopté une politique consensuelle, observant qu’il y a toujours eu un consensus entre le patronat et le syndicat. « Ce consensus a permis l’amélioration des conditions de travail en Tunisie, dans l’intérêt des différentes parties », a indiqué le Premier ministre.
Outre cette intervention du Premier ministre, le reste de la journée s’est déroulé à huis clos. Interdiction totale à la presse d’assister aux réunions, voire même de rester au même endroit que les invités lors de la pause café ! Les représentants de l’agence Sawa, chargée du PR de l’événement, paraissaient désolés, mais se devaient de respecter le « cahier des charges » du groupe de presse londonien.










