Malgré une conjoncture économique morose marquée par la baisse de la demande à l’échelle internationale, la Tunisie a réussi en 2008 à tirer son épingle du jeu en matière de commerce extérieur. La crise financière internationale, qui s’est rapidement muée en crise économique, réduit toutefois considérablement la visibilité pour les prochaines années. C’est pourquoi le « petit dragon » de la rive sud de la Méditerranée ne compte pas dormir sur ses lauriers. Les autorités affichent en effet une volonté inébranlable de préserver, voire même d’augmenter les parts du pays peu nanti en ressources naturelles sur les différents marchés extérieurs.
Outre les mesures d’appui aux entreprises affectées par la crise, les autorités tiennent désormais à sonder les problèmes des exportateurs. En témoigne un sondage sur les obstacles techniques au commerce, réalisé auprès de 159 entreprises par le ministère du Commerce et de l’artisanat et présenté hier au Centre de promotion des Exportations (CEPEX).
L’embellie des exportations en Tunisie s’est poursuivie en 2008. La valeur globale des exportations a augmenté de 21.8 % l’an passé, pour atteindre 23 637 millions de dinars contre 19 409.6 millions en 2007. Cette augmentation a concerné la majorité des régions du monde avec des taux de progressions flatteurs pour l’Union européenne, (+10.7 %), les autres Pays du Maghreb arabe (+25.2 %), le Moyen Orient et pays du Golfe (+60.9 %) et l’Afrique Subsaharienne (+28.6 %).
Néanmoins, c’est aujourd’hui un secret de Polichinelle que de mentionner que le ralentissement économique mondial consécutif au ralentissement financier menace d’amputer les parts de la Tunisie sur les différents marchés d’exportation.
Une prise de conscience quant à ce danger s’est manifestée depuis les premiers signes de la crise. Les autorités tunisiennes ont multiplié depuis quelques mois les soins palliatifs et les mesures de soutien aux entreprises les plus exposées aux effets de la crise.
Une journée seulement après avoir invité les exportateurs à exprimer leurs doléances à la Banque Centrale de Tunisie (voir notre article à ce sujet), le ministère du Commerce et de l’Artisanat a présenté mardi 10 février les résultats d’une enquête exhaustive sur les obstacles techniques au commerce à l’échelle internationale et locale.
L’enquête réalisée par l’Unité de facilitation du commerce international et de la logistique au sein du ministère auprès de 159 entreprises, dont 98% sont totalement ou partiellement exportatrices, révèle que les opérateurs économiques estiment qu’en plus de la baisse de la demande, les coûts élevés du transport et du marketing constituent les principaux obstacles à l’exportation.
La moitié des entreprises sondées qui opèrent dans les différents secteurs industriels ont noté que les coûts liés au marketing et à la distribution constituent le premier frein à l’exportation vers les pays développés.
Dans le cas de l’Union européenne, premier partenaire économique de la Tunisie, 42% des exportateurs ont noté que ce facteur ampute leurs capacités d’exportation vers le marché communautaire.
Le ralentissement de la demande vient en deuxième position avec 41,9% des réponses alors que le coût élevé du transport est cité en troisième lieu, compte tenu de la relative proximité du marché européen.
Ce dernier facteur constitue cependant l’obstacle majeur pour les Etats-Unis (65,3%), le Canada (63,5%) le Japon (63%) et l’Australie (64,4%).
Les coûts relatifs au marketing et à la distribution sont cités en troisième position par les opérateurs économiques en tant que freins à l’exportation pour les marchés lointains.
La qualité du produit vient pour la plupart des marchés à l’export à la quatrième place vu les retombées positives des efforts déployés pour l’amélioration de la qualité des produits destinés à l’export, indique le sondage.
L’accès au crédit, l’impôt sur le capital et l’impôt sur le travail sont cités aux trois dernières positions sur dix facteurs mentionnés comme étant des obstacles techniques à l’exportation.
Sur un autre plan, 22% des entreprises sondées notent que l’absence d’une réglementation de qualité (22%), d’une certification de leurs produits (18%) et des procédures d’analyse des marchés (14%) peuvent réduire considérablement la planification future d’exportation.
Concernant les contraintes au commerce sur le marché local, 65,6% des entreprises estiment que la baisse de la demande constitue le principal défi.
Viennent ensuite la pénurie d’une main d’œuvre qualifiée, l’accès au crédit et les problèmes de distribution.
Les résultats édifiants de l’enquête, première en son genre, serviront d’une base riche pour élaborer les décisions futures de promotion des exportations et du commerce interne, assure-t-on au ministère du Commerce et de l’artisant.
Tunisie : Enquête inédite sur les obstacles techniques à l’exportation

Mis à jour le: 11 février, 00:00
11 février 2009, 00h00
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