La crise économique ne cesse de causer des dégâts dans la plupart des domaines. Le transport maritime n’est pas épargné. Il est touché par la récession à plusieurs niveaux ; recul de la demande internationale, sous utilisation des terminaux, diminution de la pression et même renonciation à la réalisation de projets portuaires programmés. Ces faits ont été confirmés par les spécialistes du secteur lors du forum international sur « le transport maritime, trait d’union pour la Méditerranée ». Ils ont clamé haut et fort : « La crise et là. Nous ne sommes plus en période d’euphorie ». Il est clair que la crise est en train de brasser large dans toutes les zones. Mais quel est son impact sur le transport maritime en Tunisie ? Le secteur est-il sévèrement touché par la régression ?
L’impact de la crise économique mondiale est palpable en Méditerranée. Des milliers d’entreprises ont mis la clé sous la porte. Des milliers d’employés sont au chômage. Les citoyens sont surendettés… La récession touche tous les secteurs dont le transport maritime qui a reculé de 20 %, depuis le mois de janvier, et ce dans toute la région de la Méditerranée. Paul Tourret, directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime (ISEMAR) l’a clairement indiqué lors du forum international organisé par la CTN sur le transport maritime, trait d’union pour la Méditerranée. « Nous ne sommes plus en période d’euphorie. La crise est là », martèle-t-il.
Tourret signale que les ports de la zone sont sévèrement touchés. Les perspectives de développement dans ces sites laissent à désirer. Le port de Gênes, un des principaux axes sur lesquels travaille la Tunisie, est touché par la crise. Idem pour Marseille, où les conflits sociaux et les protestations des employés font perdre les performances du port. L’Espagne est aussi rattrapée par ce problème. Cela se répercute sur ses activités maritimes.
Ces propos sont confirmés par John Vershelden, directeur d’APM Terminals, un des leaders mondiaux dans le domaine. Le patron a même parlé d’une réalité assez inquiétante. Il a expliqué que plusieurs compagnies et pays ont renoncé à leurs engagements par rapport aux nouveaux projets. C’est le résultat de la sous utilisation des terminaux et de la diminution de la pression de transport de marchandises. « Nous avons d’ailleurs enregistré une réduction au niveau des prix pratiqués. C’est tout à fait nouveau et intéressant », estime-t-il.
En Tunisie, les résultats du premier trimestre de l’année en cours n’ont pas encore été dévoilés. Toutefois, les spécialistes se montrent méfiants. Il faut s’attendre quand même à un recul. Car, l’activité du transport maritime de marchandises est basée essentiellement sur le textile, l’agroalimentaire et l’industrie mécanique. Ces secteurs sont touchés par ce phénomène.
En revanche, Chokri Mamoghli, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, s’est montré beaucoup plus confiant. Il précise que la crise touche la sphère financière. « Quant aux projets de l’infrastructure portuaire prévus pour les quelques mois à venir, ils s’inscrivent dans le cadre de la consolidation de nos moyens », répond-t-il. Et d’insister : « Ils seront, en fait édifiés pour résoudre nos problèmes ». A remarquer que les éclaircissements du secrétaire d’Etat suivaient les déclarations de John Vershelden.
Abderrahim Zouari, ministre du Transport, signale pour sa part qu’à l’instar des autres secteurs, le transport maritime sera touché par la crise économique et financière mondiale. « Un recul de 10 à 15% sera enregistré dans le transport de marchandises, lors du premier semestre de l’année en cours », estime-t-il.
Pour mieux mesurer l’impact de la crise sur son activité, la Compagnie tunisienne de Navigation (CTN) a installé des cellules de veille. Celles-ci ont pour mission de surveiller la fluctuation du transport de marchandises qui représente d’ailleurs 60 % de la part de marché sur les lignes desservies.
L’année 2009 est certes historique. Il faut attendre en fait le premier semestre de 2010 pour que l’économie mondiale retrouve un peu son équilibre. C’est ce qu’a annoncé le patron du FMI Dominique Strauss-Kahn. D’ici là, les pays doivent gérer la crise qui persiste. Cependant, les perspectives de développement du secteur du transport maritime dans la région de la Méditerranée ne seront manifestes qu’en 2015.
Paul Tourret explique que les acteurs dans le domaine sont entrés dans une démarche internationale. Ils sont ainsi dans l’obligation de mieux se positionner et ce à travers le développement logistique et surtout la capacité des terminaux. Il a évoqué le projet du port en eaux profondes d’Enfidha, de la zone logistique et des autoroutes de la mer. Des projets qui contribueront à la dynamisation du secteur dans la Méditerranée.
Le spécialiste précise que la Tunisie dispose d’un gros atout. Le flux de conteneurs est considérable avec ses 25 millions conteneurs. Un trafic jugé important par le spécialiste. D’ailleurs, le marché des unités roulantes n’a cessé d’enregistrer un saut remarquable depuis 2004. C’est ce qui explique l’importance des autoroutes de la mer. Un projet pilote Tuniso-Européen. Ili sera réalisé sur les axes Tunis-Marseille et Tunis-Gênes. A rappeler dans ce cadre que la CTN a été admise, depuis janvier 2009, par la Commission Européenne pour mettre à jour ce projet. Elle est en train de bénéficier d‘une assistance technique.
Les engagements sont donc clairs. C’est un champ ouvert. Reste à attendre 2010 pour reprendre le souffle, « une date pas très éloignée », d’après M. Mamoghli.
Tunisie – Crise économique : le transport maritime dans l’expectative

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