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Mohamed Rachid Kechiche : voici comment la Tunisie gère la crise mondiale

La crise économique et financière mondiale cause des ravages dans les pays développés principalement. Elle se traduit par une récession qui s’installe dans la durée et dont les répercussions ne peuvent être évaluées avec précision. Le manque de visibilité est total. Des institutions bancaires et des assurances ont été contraintes à la faillite. Des constructeurs automobiles ont dû fermer des usines et libérer leurs employés par milliers à travers le monde. Malgré ces soubresauts, la Tunisie a su maintenir le cap même si elle a revu à la baisse son taux de croissance, à 4,5% au lieu des 5% prévus, là où sous d’autres cieux la croissance est carrément négative. Mais, il est des orientations essentielles que les pouvoirs publics n’abandonneront pas : l’encouragement des investissements, l’emploi et le soutien aux produits de première nécessité.

Mohamed Rachid Kechiche, ministre tunisien des Finances a clairement expliqué, avec très peu de chiffres, pourquoi la Tunisie a pu résister globalement aux répercussions de la crise économique mondiale. Au cours de la conférence de presse qu’il a donné mardi 14 avril 2009, il a démonté les ressorts qui composent l’économie et a dégagé la relation très étroite qui existe entre le budget de l’Etat, le taux de croissance, l’inflation, l’encouragement de l’investissement, les ressources fiscales, le déficit budgétaire, les équilibres généraux…
Entre novembre 2008 et mars 2009, la crise économique et financière mondiale a connu une aggravation sans précédent. La récession s’est installée dans les pays les plus développés. Malgré les réunions à l’échelle internationale et les mesures destinées à atténuer l’ampleur de la bourrasque, la confiance est loin de s’établir. Le taux de croissance dans ces pays est négatif. Il est de moins 3,2% en Europe. Dans certains pays, l’inflation est à deux chiffres…

La Tunisie envisage des perspectives moins sombres. Le taux de croissance pour l’année 2009 est estimé à 4,5% après les correctifs dictés par le suivi de la conjoncture internationale et le souci permanent de l’actualisation des données et des prévisions contenues dans le budget de l’Etat. L’inflation qui est maintenue à 3% pourrait glisser à 3,5%.
Il faut cependant éviter autant que possible le déficit budgétaire et persuader les entreprises et toutes les parties concernées à s’acquitter de leur devoir fiscal et faire montre d’un comportement solidaire. L’élargissement de la base fiscale et la justice, ou l’équité entre tous les contribuables sont absolument nécessaires pour éviter les dérapages et un déficit budgétaire plus lourd.
Mais, quoi qu’il en soit, le chef de l’Etat a donné ses instructions pour que les orientations essentielles soient respectées et les équilibres généraux maintenus, à savoir l’encouragement de l’investissement, la création de nouveaux postes d’emploi et la poursuite de la politique de compensation des produits de première nécessité.
Il est prévu, à cause des répercussions de la crise mondiale et de la baisse du rythme de la croissance, que les ressources fiscales connaissent une régression avec la possibilité de couvrir la diminution constatée grâce à l’économie dans les dépenses réservées à la compensation du prix du carburant si le baril de pétrole se maintient à son prix actuel.

A propos de la révision du prix du carburant, le ministre a rappelé le principe établi le 16 janvier 2009, lors de la baisse de 50 millimes du prix de l’essence et du gasoil et de 200 millimes du prix de la bouteille de gaz – qui ont coûté au budget de l’Etat la bagatelle de 185MD.
Si le baril reste égal au prix de référence retenu, à savoir 43 dollars, le prix à la pompe reste invariable. Si le prix évolue, dans les deux sens, de plus de 10 dollars et que la tendance se maintienne pendant plus de trois mois, il sera revu à la baisse ou à la hausse selon le cas.
Le budget de l’Etat s’oriente en bonne partie vers l’effort de développement. Il a ainsi augmenté l’investissement de 20%. Le ministre a saisi l’occasion pour noter que les investissements pour les grands projets n’ont pas connu de changements notables. Vu la conjoncture, les mégaprojets connaissent quelques difficultés, certains retards, mais il n’existe aucune donnée officielle sur un éventuel retrait de la part d’un investisseur
Le budget de l’Etat assure, au titre 2, la réalisation d’infrastructures de base et finance des projets publics. Il sert les dernières augmentations salariales qui sont de nature à conforter le pouvoir d’achat, encourager la consommation et inciter à l’épargne logement.

Parmi les mesures mises en place par les pouvoirs publics pour atténuer l’impact de la crise mondiale, figure la prise en charge, partielle ou totale, par l’Etat de la contribution patronale. La commission de suivi, mise en place pour étudier l’impact de la crise économique mondiale et apporter le soutien nécessaire aux entreprises, a répertorié quelque 99 dossiers dont la plupart ont des rapports avec l’exportation.
Ainsi donc, la Tunisie ne s’en sort pas si mal. La politique de la retenue et de l’équilibre a donné ses fruits. Il est indispensable cependant d’être vigilant et de se tenir informé des développements qui surviennent sur la scène mondiale. La crise que connaissent les pays les plus puissants n’est pas près de s’en aller. D’où les appels répétés du ministre à la vigilance et à la solidarité.

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