Samedi 4 juillet, le quotidien tunisien Assabah publie une interview exclusive de Charles Aznavour. Trois jours plus tard, la grande star franco-arménienne donne une déclaration à l’AFP affirmant n’avoir jamais donné cette interview et dément tout son contenu et notamment cette question de tournée d’adieu et de retraite artistique.
Que s’est-il passé ? Charles Aznavour a-t-il été trompé par son imprésario tunisien ou bien c’est Assabah, premier quotidien arabophone en Tunisie, qui a été trompé par son journaliste ?
Respectueux de la déontologie journalistique et fidèles à la réputation de leur journal, les responsables d’Assabah (rédaction et direction) ont mené l’enquête durant ces dernières 24 heures et ont dû constater avec désarroi que le quotidien a tout simplement été piégé par son journaliste.
Face à la quête au scoop et l’enthousiasme pour un événement majeur de la scène culturelle tunisienne, le « journaliste » a tout simplement perdu la tête. Pété les plombs, comme on dit dans le jargon, oubliant, dans sa fougue la déontologie et le respect des lecteurs, qui font (et défont) la réputation de tout journal et de tout journaliste. Assabah, fort réputé pour son sérieux, n’oubliera pas de sitôt cette mésaventure.
On croit savoir que des mesures disciplinaires aient été prises immédiatement à l’encontre du « journaliste ». Il serait actuellement suspendu de ses fonctions jusqu’à complément d’enquête. Selon un membre du Syndicat des journalistes, il aurait même présenté sa démission.
En attendant, nos confrères prendront leur mal en patience en pensant que le New York Times a été piégé, il y a quelques mois, par un courrier fictif de Bertrand Delanoë ou encore que le célèbre Patrick Poivre d’Arvor (PPDA) a fait la même grossière erreur en publiant une interview imaginaire de … Fidel Castro !










