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La classe moyenne, cette richesse tunisienne

La Tunisie, pays modeste, sans ressources naturelles, a réussi, grâce à son modèle de développement basé sur l’interdépendance des dimensions économiques et sociales, à minimiser l’impact et les répercussions des chocs extérieurs. Elle a misé sur ses capacités et son potentiel propres, notamment ses ressources humaines, principale richesse du pays. La Tunisie a favorisé ainsi l’émergence d’une classe moyenne à même de faire face aux défis. Celle-ci constitue en effet le cœur battant de la société, avec environ 80% de la population. Une classe cohérente, équilibrée et harmonieuse. Elle constitue d’ailleurs l’axe fondamental de toutes les stratégies de développement du pays : la sécurité, la cohésion et la paix sociale ainsi que la stabilité politique.

La classe moyenne tunisienne représente le pilier de la société. Elle implique la quasi-totalité du peuple tunisien, toutes catégories confondues. Elle profite de ce fait des attributs du bien être, de l’accès à la santé, à l’enseignement, au logement, à la culture… Elle a été d’ailleurs au cœur des débats de la 18ème session de l’université d’été du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), organisée récemment à Tozeur.

En Tunisie, le revenu par habitant – indicateur du bien-être collectif – ne cesse d’enregistrer une courbe ascendante. Tout cela, à la faveur d’une gestion démographique appropriée, de promotion de l’enseignement et du logement, la garantie d’accès à tous les genres de crédits…. Autant d’acquis qui confortent la place de la classe moyenne en tant qu’acteur actif dans la dynamique générale de développement. D’où, l’impératif de préserver cette frange de la société et de consolider ses acquis. Cette classe ne se définit pas uniquement par ses dépenses dont la moyenne (recensement 2005) s’élève à un peu plus de 1800 dinars, mais aussi, par sa contribution à l’œuvre de développement global.
A la lumière des mutations profondes que connaît le monde, la globalisation, l’ouverture économique de la Tunisie, quel serait le nouveau rôle de l’Etat, celui de la société civile, des entreprises ainsi que celui de l’institution éducative ? Quels sont les moyens, les mécanismes et les politiques nécessaires pour préserver cette frange de la société, la promouvoir ? Comment préserver les transferts sociaux et adopter une politique plus efficiente et plus rentable ? Comment préserver l’équilibre de la classe moyenne, et par la même de la société tunisienne et de son harmonie dans un monde en perpétuelles mutations ?

La population tunisienne est composée de catégories différentes avec des revenus différents et des rythmes de vie différents. Mais, bien que différentes de par sa composition, la classe moyenne a un point commun, le surendettement. La plupart d’entre elles vit au dessus de ses moyens. C’est là, une réalité tunisienne, et même mondiale. Néanmoins, jusque là, la classe moyenne tunisienne a réussi à résister aux chocs et à préserver la stabilité et la cohésion sociale.
On ne rappellera pas assez que la Tunisie s’engage, dans les années à avenir, dans la relève de défis considérables dont en première ligne le chômage, particulièrement celui des diplômés du supérieur, la consolidation de la compétitivité ainsi que l’amélioration du rôle du secteur privé. Ce dernier n’a pas atteint sa vitesse de croisière. Il contribue modestement à la création d’emplois par rapport à l’action de l’Etat et n’a pas encore réalisé les objectifs qui lui sont assignés. Et pourtant ce ne sont pas les avantages incitatifs qui manquent.

Les jeunes eux-mêmes, faut-il le rappeler, manquent d’esprit d’initiative, d’entreprenariat et ont souvent peur d’intégrer le secteur privé, incertain à leurs sens. Or, ce n’est que par l’emploi, après les études, que l’on peut élargir la classe moyenne et la renforcer. Il est donc impératif de valoriser le travail, d’enraciner la culture de la productivité. Dans ce même ordre d’idée, les participants à la 18ème session de l’université d’été du RCD, ont proposé de procéder à des changements radicaux au sein du système administratif. Une révision qui permettrait à ceux qui travaillent et qui sont productifs, d’être récompensés mieux que d’autres.
Pour d’autres participants, la classe moyenne compte beaucoup plus sur l’Etat que sur ses efforts propres, eu égard aux multiples acquis dont elle dispose. A ce titre, ils ont presque tous été défavorables à la l’éventuelle création d’un fonds de Chômage. Et pourtant, le lancement d’un fonds de ce genre, alimenté par les contributions des salariés, ne serait pas dédié à ceux qui n’ont jamais travaillé ou aux nouveaux diplômés. Ceux-ci disposent déjà de mécanismes multiples d’intervention de l’Etat (SIVP1 ; SIVP 2…). Bien au contraire, ce fonds pourrait profiter à tous ceux qui risquent de perdre leur emploi, suite aux chocs extérieurs, comme la crise économique mondiale actuelle.

La classe moyenne est donc le principal consommateur dans le pays. Un pays qui n’a désormais pas échappé aux nouvelles habitudes de consommation. De ce fait, les consommateurs ont besoin d’une protection plus large et plus importante. D’où l’impératif de dynamiser le rôle de l’Organisation de défense du consommateur (ODC), afin qu’elle assure son rôle comme il se doit auprès de la classe moyenne. Le rôle de l’ODC se limite, aujourd’hui, à la sensibilisation lors de grands évènements favorisant la frénésie des achats, beaucoup plus qu’à la protection, car elle n’est pas dotée des moyens matériels, humains et même juridiques pour protéger les consommateurs, à l’instar de ce qui se passe sous d’autres cieux.
Les interventions de l’Etat en matière de soutien à la classe moyenne sont nombreuses. Rien qu’en transferts sociaux, la Tunisie consacre 10 MD de son budget. Il faudrait encore ajouter les interventions de la Caisse de compensation. Pour certains participants, il serait peut-être judicieux d’engager une étude et d’évaluer l’impact négatif de ces interventions sur le budget de l’Etat.

Rassurant, Mohamed Nouri Jouini, ministre du Développement et de la Coopération internationale devait réaffirmer et confirmer que l’Etat n’a pas l’intention de se désengager de son rôle social. Les interventions, que ce soit en transferts sociaux ou à travers la caisse de compensation, seront maintenues et ne seront pas supprimées. La problématique est de hiérarchiser les priorités afin d’optimiser les interventions, de les rendre plus efficaces et plus efficientes avec pour objectif final de consolider la classe moyenne, d’en élargir la base et de préserver ses acquis pour qu’elle demeure le pilier de cohésion et de paix sociale, et un partenaire indispensable dans l’œuvre de développement.

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