On a beau lire et relire le communiqué publié vendredi 12 mars 2010 (exclusivement sur le quotidien La Presse) par l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie (OECT), on n’arrive pas à comprendre la signification profonde du message.
L’OECT désapprouve, ainsi dans son communiqué, la pratique de certaines entreprises d’établir une liste restreinte « short list » de professionnels, seuls habilités (selon lui), à intervenir sur des missions ou dans des secteurs bien déterminés.
L’OECT considère que les listes restreintes sont source de concentration des missions et d’exclusion de cabinets, ce qui est contraire à l’équité, aux règles d’éthique et d’indépendance et aux exigences de qualité.
L’OECT en profite pour ajouter une couche en rappelant que l’adhésion à un réseau étranger ne constitue pas nécessairement un avantage compétitif, ni un label de qualité et de compétence et affirme que seule l’appartenance à l’OECT est la référence et le garant de l’indépendance et de l’intégrité de la profession. Fin du communiqué signé par le Conseil de l’Ordre, alors que l’usage veut que ce soit le président (une personne physique du moins) qui signe un tel document.
Le communiqué de l’OECT soulève plusieurs interrogations et dit trop et pas assez. De quelle liste restreinte parle le Conseil ? Il y en a une ? Chez qui ? Quelles sont les entreprises qui ont recours à cette liste ? Quelles sont les missions et quels sont les secteurs bien déterminés dont on parle ?
Une si prestigieuse institution peut-elle se permettre de lancer ainsi des accusations en l’air sans preuves (car s’il y en a, elle aurait saisi la justice) et sans indications précises ? L’enjeu est gros puisqu’il implique, à la fois, les entreprises, les experts comptables, les commissaires aux comptes et l’administration fiscale.
L’autre interrogation est imposée par la question de l’adhésion aux réseaux étrangers. Cela ne constitue pas un avantage compétitif, ni un label de qualité, selon l’OECT. Soit. Qu’on nous explique alors pourquoi le président de ce même OECT a adhéré pendant des années à un réseau étranger des plus prestigieux. Qu’on nous explique également pourquoi les comptables adhèrent à ces réseaux, si leur Ordre estime que cela ne leur donne aucun avantage. C’est clair, le communiqué qui cherche à nous faire éviter toute confusion (dixit) ne fait qu’en rajouter dans la tête du public à qui il était destiné !










