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Tunisie – Les sociétés des Ben Ali et Trabelsi bientôt en bourse ?

Le dossier des 300 sociétés confisquées, propriétés des familles Ben Ali, Trabelsi, et proches, ont fait la Une des journaux depuis la révolution. Ces sociétés, placées sous la tutelle d’administrateurs judiciaires dont la fonction première est de couvrir les dettes de ces sociétés et arriver, vers la fin de chaque mois, à payer les salaires des employés, perdent, chaque jour, de la valeur et leur potentiel pourra, selon les économistes, être exploité autrement.
A cela s’ajoute le manque de moyens financiers pour réduire, entre autres, le taux de chômage, continuellement en hausse depuis la révolution, surtout avec la multiplication des grèves et sit-in, causant, dans certains cas, la fermeture d’usines et sociétés, dont le nombre a atteint vers la fin de 2011 les 120 sociétés.

Dans ce sens, Mohamed Fadhel Abdelkefi, président du conseil d’administration de la Bourse de Tunis, a déclaré, lors de la conférence de presse organisée jeudi 12 janvier 2012, que la Bourse de Tunis est en négociation avec le nouveau gouvernement pour la mise en place d’un vaste programme d’éducation financière. Ce programme propose, entre autres, au gouvernement d’adopter la stratégie de privatisation des sociétés. L’idée proposée est de vendre 50% des parts à des investisseurs, sans restrictions par rapports à leurs nationalités, et de poster le reliquat sur le marché à la disposition de l’ensemble du public à un prix inférieur à celui proposé aux investisseurs.

Le deuxième point de ce programme d’éducation financière est l’entrée en bourse des sociétés confisquées. Comme précisé ci-dessus, près de 300 entreprises sont sous la direction d’administrateurs juridiques. Elles perdent tous les jours de la valeur. Pour résoudre ce problème, le président du conseil propose l’introduction en bourse des sociétés qui y sont éligible. Elles doivent être au nombre d’une bonne dizaine, selon les prévisions de Mohamed Fadhel Abdelkefi.
Le président du conseil d’administration, optimiste pour l’année boursière 2012 malgré la baisse de 7,6% enregistrée lors de l’année précédente, estime que « théoriquement, le programme économique d’Ennahdha est très intéressant, seulement maintenant, il est temps de passer à la pratique, surtout que rien ne peut être effectué sans volonté politique » insiste-t-il.

Par ailleurs, M. Abdelkefi a détaillé les différentes phases de l’année boursière 2011. Une année qui a été largement affectée par les évènements qui ont suivi la révolution, en l’occurrence la détérioration du climat sécuritaire et l’exacerbation des tensions sociales. Ces événements ont été à l’origine de la désorganisation de l’activité économique qui a, elle-même, impacté les principaux indicateurs du marché boursier tunisien. Résultat : le Tunindex a chuté de prés de 21% au terme des deux premiers mois, mais a pu récupérer progressivement près de 16 points de pourcentage sur le reste de l’année et limiter ses pertes en 2011 à seulement 7,63%, comme précisé ci-dessus. Cette baisse, qui fait suite à huit années successives de hausse, s’explique en grande partie par la chute des cours des valeurs bancaires dont la situation s’est trouvée plombée par le volume important des créances accrochées détenues par le secteur bancaire et imputables à la famille et aux apparentés de l’ex-président.
Malgré tout, cette baisse reste nettement inférieure à celles enregistrées par d’autres bourses. Plus particulièrement, la Bourse d’Egypte qui a terminé sur des pertes d’environ 50%, le CAC40 et le NIKKEI y ont cédé 17%, le DAX a perdu 15% et la Bourse de Casablanca a clôturé en baisse de 13%.
La capitalisation boursière du marché, quant à elle, a baissé de 830 millions de dinars ou 5,4%, soit l’équivalant de 1,3% du PIB pour se situer à 14,4 millions de dinars ou 21,6% du PIB. Par contre, la capitalisation boursière détenue par les étrangers est restée quasiment stable et a représenté 20,2% de la capitalisation totale du marché avec 2,9 milliards de dinars contre 20,1% et 3 milliards de dinars à la fin de 2010.

D’autre part, les échanges sur la cote de la Bourse ont été impactés par l’interruption de la cotation qui a duré quinze jours de bourse au total, pour chuter de 37% et atteindre 1678 millions de dinars contre 2702 millions de dinars en 2010. Le volume quotidien moyen n’a atteint que 7 millions de dinars contre 10,7 millions de dinars en 2010 et la part des étrangers y a représenté 11%, soit 0,8 million de dinars contre 1 million de dinars en 2010.

Achevant son intervention, le président du conseil d’administration a rappelé qu’en 2011, la Bourse de Tunis a marqué son intérêt pour l’Afrique et a pris l’initiative, avec la Bourse de Casablanca et la Bourse de Douala (Cameroun), de fonder l’Association des Bourses Francophones d’Afrique (ABFA) à laquelle vient d’adhérer la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières de l’Afrique de l’Ouest. Cette insertion régionale vise à poursuivre sa stratégie d’ouverture sur l’international. L’activité de cette association sera officiellement lancée dans les prochaines semaines à partir de Tunis.

Zeyneb Dridi

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