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Saïda Agrebi sur Express FM : «Je n’ai rien à me reprocher et Ben Ali n’a fait que du bien à la Tunisie»

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    Saïda Agrebi, présidente de «l’Association des mères de la Tunisie», s’est exprimée vendredi 16 mars 2012 au grand public à l’occasion d’une interview exclusive accordée à Express FM et adroitement menée par Wassim Ben Larbi.
    Elle a commencé par déclarer avoir quitté la Tunisie, en toute légalité, munie d’un visa et non pas s’être enfuie clandestinement, contrairement aux rumeurs. Elle a affirmé être partie en France rendre visite à son fils malade et comptait n’y rester que trois semaines. Elle a exprimé sa surprise et son incompréhension face à la «campagne odieuse diffamatoire et de dénigrement», dont elle a été victime, 5 ou 6 jours après son départ.

    Elle a enchainé en rappelant son background et ses «exploits» en tant que féministe militante pour les droits des mères, à commencer par son élection en tant que première femme tunisienne à l’Union Africaine. Elle a affirmé avoir reçu une offre de salaire de 20 000 dollars qu’elle a déclinée, car, dit-elle, elle aime la Tunisie et préfère servir son pays. Elle a également ajouté être à l’origine des caravanes de santé qui ont sauvé tant de Tunisiens.
    Elle a par ailleurs déclaré être membre de 20 associations et que ses déplacement dans plusieurs pays du monde étaient pris en charge entièrement par ces associations. A ce propos, elle a rappelé que l’Association tunisienne des mères, qu’elle présidait, a été une conséquence logique de son appartenance depuis les années 90 au mouvement mondial de la Défense des mères.
    Elle a affirmé à ce sujet que cette association a réussi à accomplir plusieurs réalisations, et que la comptabilité était tenue en bonne et due forme. Elle a également ajouté que l’accusation à son encontre d’avoir dérobé 10.000 dinars est fausse, qu’elle avait retiré de l’argent pour payer les salaires, à temps, et qu’elle avait laissé à l’époque une somme de 1,2 million de dinars approximativement à la caisse de l’association.
    Saïda Agrebi a précisé que cette dernière est financée grâce aux dons des hommes d’affaires tunisiens, aux manifestations culturelles et sociales de collecte de fonds et aux cotisations annuelles de ses 50 000 adhérents.
    Évoquant son patrimoine, elle a déclaré ne posséder qu’une maison et un appartement grâce à ses revenus lorsqu’elle travaillait à la Ligue des Etats Arabes.

    Revenant à son élection au sein du parlement en tant que députée, elle a affirmé avoir été élue pour sa compétence, tout en rappelant avoir étudié pendant 7 ans aux Etats-Unis.
    Elle a, en outre, catégoriquement démenti son appartenance à l’ancien gouvernement, ni qu’elle ait eu des relations personnelles avec la famille de l’ancien président.
    Dans ce contexte, et répondant à la question concernant son évaluation de l’ancien régime, elle a affirmé: «Ben Ali n’a fait que du bien au pays. Il a réussi plusieurs grandes réalisations». Quant au RCD, elle a exprimé ne pas comprendre la décision de sa dissolution, dans un pays qui vit une démocratie. Selon elle, le RCD a le droit d’exister tout comme les cent nouveaux autres partis.
    Saïda Agrebi, s’est proclamée être victime d’une campagne malsaine, dont les principaux protagonistes, sont l’aide-comptable de l’association et son mari avocat. Il s’agirait donc, selon elle d’un règlement de compte personnel et non d’une affaire de droit commun.

    Concernant ses conditions de séjour en France, elle a affirmé habiter depuis son départ chez son frère, chirurgien, résident dans une banlieue parisienne.
    Quant à ses projets pour les jours qui viennent, elle a déclaré vouloir rentrer au pays afin d’éclaircir la situation et de présenter sa plaidoirie, car, dit-elle, toutes les accusations sont infondées et elle dispose des preuves de son innocence.
    Elle a retardé son retour, sur recommandations des siens et ne compte le faire que si on lui donnait toutes les garanties de ne pas toucher à son intégrité physique et morale et s’il y a une justice indépendante.
    Précédemment, sur la même station Express FM, son avocat a déclaré que la justice n’est pas indépendante et a accusé le juge d’instruction d’instrumentaliser le dossier. Ceci va jouer, selon lui, en faveur de Saïda Agrebi qui pourra rester en France en toute légalité sans être expulsée, alors que lui-même souhaite voir sa cliente rentrer pour régulariser sa situation vu qu’elle n’a rien à se reprocher juridiquement parlant.

    Dorra Megdiche Meziou

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