A l’issue du Conseil ministériel réuni ce mercredi 11 avril 2012, au siège du Premier ministère et qui a duré près de cinq heures, Samir Dilou, porte-parole du gouvernement et ministre des Droits de l’Homme et Ali Laârayedh, ministre de l’Intérieur, se sont exprimés à un point de presse, sur les décisions du conseil ministériel.
M. Dilou a déclaré que ledit conseil a décidé d’annuler l’interdiction de manifester à l’Avenue Habib Bourguiba et de créer également une commission indépendante pour mener des investigations et une enquête sur ces événements. Cette commission qui sera neutre et objective, donnera les éclaircissements nécessaires et pourra cerner les responsabilités, selon les ministres. M. Dilou a ironisé en disant «On n’aura pas besoin d’entrer en guerre pour la libération de l’Avenue Bourguiba, maintenant que les manifestations sont permises, sous réserves bien sûr, des conditions de sécurité et de discipline imposées».
De son côté Ali Laârayedh a précisé qu’il comptait sur la collaboration de la société civile, des artistes et des intellectuels, afin de sensibiliser le peuple à l’autodiscipline, pour éviter tout débordement ou confrontation dans la foule.
Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur préconise de renforcer la vidéosurveillance sur l’avenue afin d’optimiser la sécurité aux passants et aux commerçants.
Quand la question d’une éventuelle révocation de son poste au cas où l’enquête révèlerait sa culpabilité ou son incompétence, Ali Laârayedh a affirmé qu’il quitterait de lui-même son poste, le jour où il ne se sentirait plus à la hauteur de la fonction qui lui a été confiée, rappelant tout de même que les décisions prises par le Conseil des ministres émanent, à la base, de ses propres propositions.
Par ailleurs, lorsque l’on a invité le ministère de l’Intérieur à faire son mea culpa, en attendant la fin de l’enquête et à présenter des excuses envers les manifestants qui ont été agressés verbalement et physiquement, M. Laârayedh a exprimé sa profonde sympathie envers toutes les personnes qui ont subi ces violences. Il a conclu en déclarant qu’au cours d’une seule année, les manifestations sur tout le territoire ont atteint le nombre de 17 000 et que les forces de l’ordre ont su bien gérer la situation dans la plupart des cas.










