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Tunisie – La peau de Mustapha Kamel Nabli coûte cher à Mustapha Ben Jaâfar

Le spectacle de l’Assemblée nationale constituante était désolant hier soir, mardi 17 juillet. Particulièrement celui du président Mustapha Ben Jaâfar dont l’autorité a été bien bafouée.
Après un premier incident avec les magistrats, Ben Jaâfar a dû « lutter » contre le bon sens d’une opposition qui n’entendait pas se laisser faire.

Plusieurs membres de l’opposition ont, en effet, relevé le vice de procédure (voir notre article à ce sujet), dans l’envoi du décret présidentiel de limogeage de Mustapha Kamel Nabli à l’ANC qui a mis une semaine entre sa signature et sa réception ! On a également relevé ces mentions au stylo, indignes d’un décret émanant de la plus haute institution de l’Etat ou, encore, l’absence du cachet humide officiel de la présidence et de celui des bureaux d’ordre, comme cela est la règle dans ce type de courriers administratifs.

Malgré tous ces vices de procédure, Mustapha Ben Jaâfar tenait à faire passer le décret ! Et il n’a pas hésité à rebondir sur la proposition d’Ennahdha de passer au vote pour faire accepter (par la démocratie) un document légalement irrecevable.
Pire, après une levée de séance (prévue de 10 minutes, mais qui a duré 20 minutes), M. Ben Jaâfar n’a pas attendu le retour des députés de l’opposition pour donner la parole au ministre représentant le gouvernement. D’habitude, il attendait tout le monde, mais vu que les députés d’Ennahdha étaient déjà là…
Un forcing qui n’a pas intimidé l’opposition dont le résultat était un extraordinaire chaos au sein de l’hémicycle. On n’en est pas arrivé aux mains, heureusement, mais on n’en était pas loin.
Deuxième levée de séance en fin de soirée, mais au retour les esprits ne se sont pas vraiment calmés. On réclamait de nouveau le rejet du décret, on voulait entendre un représentant de la présidence pour motiver son décret et on demandait l’audition du gouverneur. En clair, le report pur et simple de la séance.

M. Ben Jaâfar ne l’entendait pas de cette oreille et tenait à donner la parole au représentant du gouvernement, Ridha Saïdi, pour motiver la décision de révocation. Le même qui, il y a quelques jours, défendait son maintien après que Hamadi Jebali ait rencontré Kamel Nabli.
Il donnera quatre raisons (cliquer ici pour lire notre article) et, pour les observateurs, elles sont, au mieux, légères, au pire, fallacieuses et diffamatoires.
En dépit de toute la polémique, Samir Ben Amor, ministre conseiller chargé des affaires juridiques à la présidence de la République, demeurera muet comme une carpe tout au long de la séance. On l’a juste vu transmettre discrètement des documents.

Les députés de l’opposition et les observateurs ne se font plus d’illusion. Ils savent parfaitement que Mustapha Kamel Nabli sera éjecté. Ils savent parfaitement que même s’il est auditionné et qu’il sorte les arguments les plus convaincants, cela ne changera rien à la décision.
Mais il fallait marquer le coup pour l’histoire. Il aura vendu chèrement sa peau et on ne dira pas que l’on n’a pas lutté pour défendre l’indépendance de la BCT, contrer l’ingérence du gouvernement et le début de la naissance d’une nouvelle dictature ou, comme l’a dit Iyad Dahmani, l’instauration de manœuvres d’une république bananière.
Le « feuilleton » continuera cet après-midi à 15 heures.

N.B.

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