Kamel Laâbidi, ancien président de l’INRIC, a pris part aux travaux de la 21ème session du Conseil des droits de l’Homme se tenant actuellement à Genève du 10 au 28 septembre courant, en sa qualité de représentant de l’Institut du Caire pour les études des droits de l’Homme.
Prenant la parole le 19 septembre dernier, en présence du ministre tunisien de la Justice transitionnelle et des Droits de l’Homme, Samir Dilou, Kamel Laâbidi a adressé des critiques virulentes à l’encontre du gouvernement tunisien. En effet, M. Laâbidi a commencé par dire "Jamais, je n’aurais cru être amené à intervenir auprès de votre Conseil, ayant vécu une révolution qui nous a débarrassés d’un dictateur, libérés de la peur et après l’engagement fait devant vous par le gouvernement tunisien en mai dernier à respecter la liberté de pensée et d’expression".
M. Laâbidi a enchaîné en énumérant des faits qui contredisent cet engagement à savoir, les tentatives du gouvernement à avoir une mainmise sur les médias, les agressions des journalistes, l’impunité des agresseurs, évoquant dans ce contexte "la tentative d’assassinat d’un journaliste par un ancien policier impliqué dans des affaires de corruption". Il a également mentionné que des journalistes sont traduits en justice pour avoir accompli leurs devoirs professionnels, ou sont menacés de poursuite judiciaire, comme c’est le cas pour lui, selon ses propres dires.
Kamel Laâbidi a, par ailleurs, fait allusion au procès de l’ancien conseiller du président de la République, Ayoub Massoudi, dont le procès a été mené par une justice militaire «exceptionnelle», en l’occurrence.
M. Laâbidi a, en outre, affirmé que les hommes des médias, de l’art et de la politique font l’objet en Tunisie de menaces provenant non seulement des autorités mais également de groupes formés d’islamistes radicaux et de criminels.
Abdelwahab El Héni, politicien tunisien et militant des droits de l’Homme, également présent au Conseil, a pour sa part appuyé l’intervention de M. Laâbidi et a ajouté le retour de la torture, pratique pourtant supposée abolie par la révolution.
Face, à ces critiques des pratiques du gouvernement, Samir Dilou s’était trouvé dans une situation embarrassante et a répondu aux intervenants en affirmant : "Ils sont entrés dans des détails qui sont du ressort de la justice. Il est vrai que les rapports entre le gouvernement et les médias ne sont pas satisfaisants". Et de conclure :"Nous avons vécu une étape noire que nous espérons surmonter sous peu".










