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Tunisie – Habib Khedher : Nous allons vers un régime mixte à la tunisienne

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    Une interview a été réalisée par le site "Opinion internationale" du journaliste français Michel Taube, avec le rapporteur de l’Assemblée Constituante Habib Khedher, publiée le 20 janvier 2013.
    Dans cette interview, M. Khedher a affirmé que dans le projet de la nouvelle constitution, l’Islam tient la même place que dans les précédentes constitutions tunisiennes. "Nous conservons à la lettre l’article 1er de la Constitution de 1959 qui stipule clairement que l’Islam est la religion de l’État".
    Il a ajouté : "Je sais bien que certains considèrent que l’État est une personne morale qui n’a pas de religion. Mais telle n’est pas la conviction de l’immense majorité des Tunisiens. Il n’y a pas de contradiction entre religion d’État et État civil, principe affirmé avec la même force dans le projet de Constitution".

    Concernant le choix du régime à adopter, M. Khedher a affirmé : "La tendance générale est que les trois membres de la troïka qui gouverne aujourd’hui sont pour un régime mixte qui s’apparente au régime du Portugal. Le président de la République sera élu par le peuple, cela semble acquis. Mais ses pouvoirs, ses relations avec le premier chef du gouvernement sont encore en discussion. Nous allons vers un régime mixte, à la tunisienne, qui tienne compte de nos spécificités et, notamment, de notre histoire, trop souvent marquée par la domination d’un seul homme. Nous devons aussi veiller à un régime qui fonctionne correctement dans les faits".

    En matière de droits de l’Homme, le rapporteur de l’ANC a déclaré : "A titre personnel, je veux dire que sur le fond, l’universalité des droits de l’Homme avait été utilisée dans la réforme de la Constitution tunisienne par Ben Ali en 2002 comme un camouflage pour faire passer d’autres dispositions qui renforçaient la dictature et elle n’avait pas fait l’objet d’un débat national". "L’universalité des droits humains doit prendre en compte les spécificités culturelles et religieuses du peuple tunisien", a-t-il précisé.

    D.M

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