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Ennahdha a déjà lâché beaucoup de lest, dixit Mustapha Ben Jaâfar

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    Le président de l’Assemblée nationale constituante (ANC) Mustapha Ben Jaâfar, a effectué une visite officielle en France à l’issue de laquelle, une interview, effectuée par Hélène Sallon a été publiée au journal français "Le Monde" en date du 5 mars 2013.

    Concernant les conditions imposées par son parti Ettakatol pour participer au prochain gouvernement, M. Ben Jaâfar a affirmé : "Notre participation au prochain gouvernement fait l’objet de discussions. Nous allons la poursuivre sauf si les conditions posées sont inacceptables".

    Revenant sur l’alliance de son parti au sein de la Troïka au pouvoir, M. Ben Jaâfar a admis : "Un an après la formation du premier gouvernement, le moment est propice pour faire le bilan de sa gestion et créer les meilleures conditions pour concrétiser le fonctionnement d’un vrai partenariat. Certaines choses ont bien marché, d’autres non. Il faut que tous les partenaires au gouvernement soient associés dans la nomination de hauts cadres et la définition de la politique générale. Il n’y a pas beaucoup eu d’interaction intergouvernementale".

    Répondant aux critiques concernant la mainmise du parti islamiste Ennahdha sur le pouvoir, le leader d’Ettakatol a déclaré: "C’est le réflexe normal d’un parti majoritaire de tenter de garder tout le pouvoir. Et c’est le nôtre que de tenter de le freiner. Les membres d’Ennahdha ont déjà lâché beaucoup de lest, notamment sur la laïcité ou les ministères régaliens".
    Il a ajouté dans ce contexte : "Ils ont écouté les partenaires de la troïka, appuyés par la société civile. Aujourd’hui, ils sont plus sensibles à l’opinion nationale et internationale, et peut-être aussi moins forts, comme nous le sommes tous du fait de notre participation à la gestion du pays en cette période difficile".

    Quant aux délais de la mission de la Constituante, le président de l’ANC a affirmé: "Nous sommes entrés dans une ligne droite qui nous mène vers un vote définitif d’ici fin mai-début juin. Il n’y a pas de véritable date butoir car le vote article par article peut prendre du temps selon qu’il y ait consensus ou non. Des élections générales pourraient avoir lieu en octobre ou novembre. Il y a un consensus sur ce calendrier au niveau des groupes parlementaires".

    D.M

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