En novembre 2012, la Bourse de Tunis avait organisé la première édition du Salon de la Bourse et des services financiers : Investia. L’idée était de réunir dans le même espace investisseurs, institutions et professionnels du marché boursier en vue de développer une culture boursière, et faire valoir, ainsi, les avantages de la bourse dans le chapitre du financement.
Cela n’est guère un casse-cou, le mécanisme du financement des unités de production au travers de l’instrument bourse est plutôt simple, en voici le topo : une entreprise ayant besoin de lever des fonds soit, pour promouvoir sa croissance ou réduire son endettement, recourt ainsi au marché financier afin de concrétiser cette opération. Autrement dit, la bourse constitue une source de financement alternative à celle classique plus connue sous le nom de « crédit bancaire.»
Le crédit bancaire, justement, est devenu, au sortir de la révolution, très difficile d’accès. Eu égard à la situation quelque peu complexe du système bancaire qui a besoin d’être modernisé et restructuré à bride abattue, ses composantes (les banques) ont été contraintes, à quelque endroit, de fermer le robinet du flouze. Oui, en ces temps de crise, les risques prolifèrent sur fond de manque criard de visibilité, volonté politique oblige. Et alors, aux entreprises bienveillantes et ambitieuses de croître de se tourner vers le marché de financement alternatif, la bourse, en l’occurrence.
L’année 2013 est, jusqu’ici, un joli présage pour la dynamisation de la bourse : plusieurs dossiers de demande d’introduction en bourse, 6 plus exactement, sont parvenus au Conseil du Marché Financier. Pour l’heure, deux sociétés : Land’Or et AE Tech ont entamé leur entrée en bourse et ont suscité l’engouement des souscripteurs à ce type d’investissement. Khaled Zribi, intermédiaire en bourse, nous confie que cette nouvelle configuration est de bon augure, cela décèle une sorte de franchissement à la culture de la bourse et une intrépide prédisposition des investisseurs à y engager leurs fonds. Cela dénote, à l’avenant, de la bonne santé du portefeuille des bailleurs de fonds, en d’autres termes : de l’oseille, il y en a et, il faudra tout bonnement le canaliser dans des créneaux à rentabilité garantie et à moindre risque, tenant compte de la conjoncture économique actuelle.
Khaled Zribi pense, par ailleurs, que d’autres dossiers de demande d’entrée en bourse vont encore arriver, et que les structures du marché vont devoir s’adapter à cette nouvelle donne par le renforcement de leurs équipes d’exécution, afin de garantir aux émetteurs le meilleur traitement de leurs dossiers, ainsi que la célérité requise pour ce genre d’opération. Ne l’oublions pas, il s’agit d’opérations de financement des investissements des opérateurs économiques, il y va donc, de la santé de nos entreprises, donc de l’économie nationale.
D’autres introductions en bourse à l’instar de CELLCOM, marque de téléphonie mobile tunisienne, et Delice Danone, groupe agroalimentaire sont programmées au courant de l’année 2013. Aussi les sociétés Lilas, New body line, BITAKA, OneTech feront, elles aussi, leur introduction en bourse pour la même année.
La Bourse de Tunis a la cote depuis quelques mois, et de plus en plus d’entreprises sont désireuses de s’y introduire et d’être fichées comme sociétés cotées, et ce, en dépit d’une visibilité qui fait plutôt défaut. Les circonstances actuelles ne favorisent pas, en effet, la possibilité d’établir des prévisions à un plus ou moins long terme avec davantage de garanties et moins de risques. Cela étant, les entreprises tout comme les souscripteurs ont pris conscience de l’alléchante opportunité qu’offre la bourse pour les deux intervenants. En ce qui concerne les sociétés, elles ont même accès à un avantage de nature fiscal : elles peuvent en fait bénéficier d’un statut fiscal particulier et avantageux en ce sens que celles dont 30% du capital est ouvert au public, ont droit à un abattement du taux d’impôt sur les sociétés pendant les 5 années qui suivent son introduction.
Pour revenir un peu aux indicateurs de la Bourse de Tunis réalisés au titre de l’année 2012, les résultats des sociétés cotées au premier semestre notent une amélioration remarquable à savoir une hausse de 35%. Du côté du Tunindex, la progression enregistrée a été de l’ordre de 10,4% au cours des huit premiers mois de l’année 2012, et même constat pour le volume des capitaux échangés à titre quotidien passant ainsi de 6,2 millions de dinars à fin août 2011 à 8,2 millions de dinars à fin août 2012.
Quant à la part des étrangers, elle est située aux alentours de 8% en 2012 alors qu’elle était à 11% en 2011. De ce fait, la capitalisation boursière du marché a noté une évolution de 1,4 milliard de dinars, soit 23,7% du PIB, pour se fixer à 15,8 milliards de dinars en 2012 contre 14,4 milliards de dinars en 2011.
L’année 2013 sera donc celle des introductions boursières, donnant ainsi un élan à l’investissement privé en Tunisie en vue de drainer davantage de fonds locaux sur le marché des capitaux.










