Les investissements publicitaires ont chuté drastiquement dans tous les médias ou presque. Aussi bien les patrons de télévisions que de radios ou de journaux (papier et électroniques), font le même constat : le chiffre d’affaires est en baisse.
Selon les données de Sigma Conseil, l’investissement publicitaire dans la presse papier en Tunisie s’est élevé au mois de mars 2013 à près de 1,2 million de dinars HT contre 2,2 millions en mars 2012, soit une chute de plus de 45%.
Cette chute menace carrément la survie des médias et de la liberté d’expression en Tunisie.
Plusieurs titres ont déjà mis la clé sous la porte, à l’instar de la chaîne de télévision TWT, du quotidien Al Mouharrer ou de l’hebdomadaire Haqaiq.
D’autres ont tiré la sonnette d’alarme, à l’instar de la chaîne Al Hiwar, de la radio Chaambi ou du site Tanit Press.
Les titres qui réalisent les plus gros taux d’audience n’échappent pas, non plus, à des chutes de leurs recettes publicitaires, en raison notamment de la conjoncture économique morose. Il faut noter que pour les radios, les télévisions et les journaux électroniques, le business model repose exclusivement sur la publicité. Ceci les fragilise et les expose à ce que l’on appelle l’argent sale des lobbies politiques et économiques.
La Fédération tunisienne des directeurs de journaux prépare actuellement des propositions concrètes pour le gouvernement, afin de sortir de cette crise, et ce notamment à travers la mise en place d’un mécanisme, juste, de distribution d’aides et de la publicité publique, à l’instar de ce qui se pratique dans plusieurs grandes démocraties, puisqu’il est du rôle de l’Etat de veiller à la liberté d’expression et faire de telle sorte que les journaux de qualité soient accessibles au grand public et dans les régions reculées.
Pour le moment, les médias réputés proches du pouvoir réussissent à obtenir les plus grosses parts des insertions publicitaires publiques et des abonnements.










