Samir Dilou, ministre des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle, est revenu, dans une interview accordée au journal français Libération, publiée samedi 20 avril, sur certains points importants relatifs à la situation actuelle de la Tunisie.
M.Dilou a insisté sur la nécessité de coopérer avec les « occidentaux », malgré les préjugés que ceux-ci émettent à l’égard des islamistes au pouvoir et malgré les différends ( relevant non pas du politique, mais du « civilisationnel ») qui les opposent. Réitérant l’idée d’être « condamnés à vivre ensemble », le ministre des Droits de l’Homme a exposé ce à quoi consiste sa vision de la justice transitionnelle et la manière dont il projette de la mettre en place. « Premièrement on élabore une loi cadre. C’est une première en Tunisie, car la loi a été élaborée en partenariat avec la société civile. Et ensuite on établit, bien sûr, une commission indépendante » a-t-il ajouté.
Le ministre a évoqué, en outre, la liberté d’expression et la feuille de route qui est en cours d’élaboration pour instaurer ce qu’il appelle une « autorité de régulation » sur le modèle du CSA français, a-t-il précisé car « les journalistes n’arrivent pas à définir leurs propres limites », selon lui.
Rappelons que ce projet suscite une vive polémique et qu’il est perçu par l’organisation internationale de la Défense de la Liberté d’expression « Article 19 » comme étant « incompatible avec les principes de la démocratie » et n’ayant pas fait l’objet de suffisamment de concertation avec la société civile et les parties concernées.
Samir Dilou au journal Libération : « Nous sommes condamnés à vivre ensemble »
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