En visite en France, le leader du parti de l’opposition Nidaa Tounes et également ancien Premier ministre tunisien, Béji Caïd Essebsi était l’invité du plateau de la chaîne d’information française LCI, pour une interview, dans la soirée du 20 juin 2013.
M. Caïd Essebsi a commencé par affirmer: "En Tunisie, le peuple est éduqué donc il résiste et résistera toujours à l’arbitraire". Concernant son parti, il a indiqué : "Nous sommes un mélange de centristes, modernistes et de gauchistes. Nous avons une coalition qui fonctionne assez bien et c’est pour ça que nos adversaires sont gênés. Ils n’ont pas trouvé d’autre terrain pour nous attaquer que de nous considérer comme un regroupement de personnes de l’ancien régime".
M. Caïd Essebsi a, par ailleurs, précisé : "Notre identité est certes arabe et musulmane, mais également carthaginoise, phénicienne … et même chrétienne! Nous avons 3000 ans d’histoire et plusieurs civilisations en mémoire. La Tunisie est tout cela et c’est là que réside notre différend avec les islamistes qui veulent nier les autres composantes de notre histoire et, donc, de notre identité".
Il a ajouté: "Nous passons un mauvais quart d’heure, mais la Tunisie mérite d’être gouvernée du centre. Nous sommes un pays du juste-milieu".
Concernant le phénomène du salafisme, le leader de Nidaa Tounes a déclaré : "C’est un problème réel, car le gouvernement laisse faire et a fait preuve, face aux abus et dépassements des salafistes, d’un laxisme insensé!". Et d’ajouter : "Les Nahdhaouis sont, en fait, de la même famille que les salafistes. Tout est une question de différence de degrés".
Enfin et abordant le sujet de la Justice tunisienne et notamment les verdicts prononcés récemment contre le rappeur Weld el15 et les Femen, M. Caïd Essebsi a été formel: "Il ne faut pas être excessif, les condamnés ne méritent pas autant de sévérité", avant de conclure: "Certains magistrats ont tendance à être un peu passéistes et traditionnalistes!".










