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Zoom sur les salaires les plus élevés en Tunisie

Les Tunisiens en crise? Pas pour tout le monde! Comme le montre le tableau réalisé par Business News, certains dirigeants tunisiens peuvent recevoir des indemnités de plusieurs dizaines de milliers de dinars par mois. Revue des salaires les plus élevés en Tunisie relatifs à nos sociétés cotées en bourse.

Le monde des finances, bien qu’étroitement lié à la vie économique et à la conjoncture générale du pays, semble être un monde à part, un monde qui prospère même si l’économie nationale agonise; Un monde somptueux, où les montants alloués aux dirigeants font rêver plus d’un.

Les salaires des dirigeants d’entreprises cotées en bourse paraissent, à première vue, mirobolants, mais ils sont tout ce qu’il y a de plus légal. Ils ont été fixés par des conseils d’administration représentant les investisseurs et ces investisseurs savent parfaitement qu’ils sont gagnants au change en payant généreusement leurs dirigeants. Ces dirigeants ont des objectifs de bénéfice à atteindre. Si ces objectifs sont réalisés, les actionnaires vont récupérer les dividendes réalisés grâce à la stratégie élaborée par le dirigeant et le travail de son équipe de salariés. Les salariés bénéficient de primes et les dirigeants aussi. Et tout le monde trouve son compte.

Les salaires des dirigeants sont mirobolants, voire indécents, diront les mauvaises langues. C’est un point de vue qui se respecte. Mais plutôt que de tirer à boulets rouges contre ces dirigeants, il est plus porteur de voir comment ils ont fait pour obtenir ces salaires et faire (ou essayer de faire) comme eux pour atteindre ces montants. Il ne s’agit pas de rêve, mais de réalité, car certains de ces dirigeants touchant des dizaines de milliers de dinars par mois, ont commencé à partir de zéro, comme de petits salariés et ont gravi les échelons avec grand succès.

Des banques, des compagnies d’assurances, des sociétés de services, d’autres commerciales, les exemples sont nombreux. Il suffisait de consulter les données publiques officielles des sociétés cotées en bourse, pour y découvrir les détails concernant les salaires, rémunérations et autres primes et avantages alloués aux dirigeants de ces entreprises tunisiennes cotées en bourse.
Deux ans après la révolution, il nous a semblé intéressant de nous pencher sur ces rémunérations et leur évolution entre 2010 et 2012.

Dans le tableau ci-dessous, élaboré par Business News, nous avons établi un listing des principales données chiffrées, à partir des différents rapports des commissaires aux comptes des sociétés cotées en Bourse, étant donné que toutes les sociétés sont contraintes d’être des plus transparentes en publiant leurs états financiers ainsi que les rapports spéciaux des commissaires aux comptes, qui mentionnent bien, noir sur blanc, les rémunérations de leurs dirigeants, et ce, conformément à l’article 200 du code des sociétés commerciales.

Les montants des rémunérations allouées aux dirigeants sont en général exprimés en valeur brute, sauf exception. Dans ce dernier cas, nous l’avons signalé en observation. Par ailleurs, certains chiffres sont relatifs à l’exercice 2009 ou encore 2011 au lieu de 2010, faute de disponibilité de ces données. Certains chiffres de 2010 ne figurent pas dans le tableau, non plus, étant donné que ces sociétés n’étaient pas encore cotées en bourse à l’époque.

Tel que le montre le tableau certaines rémunérations ont flambé, à l’instar de celle de la SFBT qui est passé de 487 919 DT en 2010 à 807 434 en 2012 (presque le double).

L’évolution logique et prévisible va dans un sens croissant, enregistrant des augmentations importantes des rémunérations des dirigeants des sociétés entre 2010 et 2012, en dépit de la conjoncture économique et des difficultés engendrées par la phase transitionnelle post révolutionnaire.

Cependant, chez la BT, par exemple, les rémunérations ont sensiblement été diminuées, en passant de 931 095 en 2010 à 702 072 en 2012. Autre baisse très significative, celle de la compagnie d’assurance CARTE, qui a vu les rémunérations allouées à la direction générale chuter de 1 070 874 DT en 2010 à 364 690 DT en 2012.

Il reste utile de rappeler que conformément à l’article 200 du code des sociétés commerciales, et précisément du paragraphe 5 concernant "les opérations soumises à autorisation, à approbation et à audit", il est stipulé ce qui suit:

"Les obligations et engagements pris par la société elle-même ou par une société qu’elle contrôle (société mère) au sens de l’article 461 du présent code, au profit de son président-directeur général, directeur général, administrateur délégué, l’un de ses directeurs généraux adjoints, ou de l’un de ses administrateurs, concernant les éléments de leur rémunération, les indemnités ou avantages qui leurs sont attribués ou qui leurs sont dus ou auxquels ils pourraient avoir droit au titre de la cessation ou de la modification de leurs fonctions ou suite à la cessation ou la modification de leurs fonctions, sont soumis à l’autorisation préalable du conseil d’administration".

Toutefois, ce même article 200 du code des sociétés commerciales stipule également : "Outre la responsabilité de l’intéressé ou du conseil d’administration le cas échéant, les conventions conclues en violation aux dispositions ci-dessus peuvent, le cas échéant, être annulées lorsqu’elles causent un préjudice à la société".

Dorra Megdiche Meziou

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