Je ne fais pas grève aujourd’hui. Je suis au bureau, café à la main et je guette les moindres actualités à l’affût d’une gaffe de la présidence, d’un Samir Ben Amor ou d’un Sahbi Atig qui l’auraient suffisamment ouverte pour que ça fasse le scoop du jour. Je ne fais pas grève aujourd’hui parce que, contrairement à ceux qui pensent que c’est déjà foutu d’avance, j’ai la conviction que les journalistes ne se laisseront pas faire et qu’ils continueront à mener le combat…et à faire les gaffes qui font d’un journaliste un journaliste. Je ne fais pas grève aujourd’hui parce que ce serait déclarer que nos voix pourraient s’éteindre à cause d’une énième pression, d’une nouvelle tentative d’intimidation.
Mais je ferai grève aujourd’hui. Je ne parlerai pas des coups d’éclat d’un Mustapha Ben Jaâfar présidant un soupçon d’assemblée à la ramasse, je ne parlerais pas de la guerre froide entre des politiques amateurs (au mieux) et frauduleux (même pas au pire), ni des aspirations d’un peuple désabusé, parce que crier son silence, c’est refuser de faire taire sa voix et de laisser celles des autres se faire engloutir…










