Alors que certains participants préparaient encore leurs stands, d’autres étaient aux aguets guettant d’hypothétique clients et le reste en pleine discussion soit avec leurs collaborateurs, des clients ou des connaissances. Les visages sont souvent crispés avec des sourires forcés et figés. C’est ainsi et avec beaucoup d’appréhension qu’a démarré cette nouvelle édition du salon euro-méditerranéen de l’habillement Texmed organisée parallèlement avec le salon international de l’équipement textile et habillement SIET, inauguré par le ministre du Commerce, Abdelwahab Maâter ,en compagnie de la présidente de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) Wided Bouchamaoui.

Plusieurs exposants notent que le salon est «un peu vide par rapport aux saisons précédentes et qu’il y a peu d’étrangers. D’autres expliquent : «Texmed ne nous rapporte rien, nous sommes ici juste pour la présence et pour la visibilité de l’entreprise». Certains viennent pour rencontrer leurs clients et présenter leurs nouveautés.
Des représentants d’entreprises européennes sont, également, venus : les uns pour rencontrer leurs fournisseurs tunisiens, d’autres pour se rassurer de la situation du pays et d’autres en prospection espérant dénicher des marchés. C’est ce que nous avoue une représentante d’une entreprise italienne qui fabrique les strass (éléments décoratifs pour les vêtements) : «Le marché tunisien est important car c’est une plateforme du textile qui dessert l’Europe. Actuellement, nous sommes en pleine prospection. Nous cherchons à vendre notre production italienne mais nous n’écartons pas la possibilité d’implanter une usine en Tunisie dans ce but».
Plusieurs exposants nous ont témoigné des difficultés qu’ils rencontrent à cause de la conjoncture internationale ainsi que la situation actuelle du pays et des blocages répétés dans les ports occasionnant des retards de livraisons, de l’argent perdu à cause des pénalités de retard et des pertes irrémédiables de clients. Certains s’inquiètent, également, de l’inflation, des hausses des prix d’énergie et des nouvelles dispositions prévues par le projet de loi de finance notamment concernant l’imposition des bénéfices des sociétés totalement exportatrices de 10%. Karim Rejeb, le PDG de la société de textile New Body Line, spécialisée dans la production de vêtements intelligents et des vêtements sans coutures, nous confie : «Nous ne sommes pas contre cette loi mais son timing est mauvais. Avec les hausses des prix de l’énergie, cette disposition est trop risquée actuellement».
D’autres affirment qu’«ils vont se battre pour que cette loi ne passe pas». En effet, si certains arrivent à tirer leur épingle du jeu, d’autres souffrent du manque des commandes, les professionnels tunisiens du textile n’étant plus compétitifs, surtout que l’argument de la rapidité, n’est, souvent, plus possible. Selon leurs témoignages, les clients étrangers se rabattent sur le Maroc et la Turquie, inquiétés par la situation sécuritaire du pays, son infrastructure et même sa propreté.

On notera que cette année, le salon, qui s’étend sur une superficie nette d’exposition de 5000 m², a été organisé en trois parties : sourcing, textile et machinerie. Pour cette édition 2013, ce salon compte 180 exposants tunisiens et 34 exposants étrangers. Il prévoit d’attirer plus de 1.000 donneurs d’ordre étrangers.
Le secteur textile-habillement tunisien a connu un net fléchissement de ses exportations et enregistre une baisse de -7% en dinars tunisien et -9,28% en euros de son chiffre d’affaires à l’export pour l’année 2012, en raison d’une conjoncture internationale difficile, qui a affecté les principaux fournisseurs d’habillement de l’UE, indique un communiqué. Cette tendance a été inversé pendant les 8 premiers mois 2013 qui a enregistré une hausse des exportations de +6,18% en dinars tunisien et de +0,24% en euros comparativement à la même période de 2012, confirmant de ce fait la capacité de résistance de ce secteur.










