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Veille du 2ème anniversaire du 23 octobre : serait-ce l’aube d’une 2ème année d’illégalité ?

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    Hitler a écrit dans son ouvrage Mein Kampf : « si vous désirez la sympathie des masses, vous devez leur dire les choses les plus stupides et les plus crues.» Faut croire qu’Ennahdha et Hitler avait bien des choses en commun. Bien qu’il soit longtemps victime de cet étui feutré d’islamisme, le mouvement Ennahdha a réussi à convaincre du bon vouloir des islamistes à rétablir l’équité et la justice sociale, et du visage au sourire hypocrite, d’un Islam modéré. C’est ainsi, qu’un certain 23 octobre 2011, le mouvement islamiste a marqué son premier but : gagner les élections de l’Assemblée nationale constituante. De l’autre côté de la rive, cependant, c’était plutôt l’ébahissement : Grand Dieu, nous allons être gouvernés par les islamistes !

    Alors, à l’investiture des trois présidences : la République, le gouvernement et l’Assemblée, il était question, dans une tribulation de réconfort et d’assurance, que les partis au siège à l’hémicycle daignent signer un document stipulant qu’ils auraient un délai d’un an pour finir leurs travaux et passer ainsi le relais à un autre gouvernement élu sur la base de la Constitution que tout ce beau monde aura mis sur place. Résignée, la Tunisie s’est convaincu qu’elle a à faire à une foudre de guerre, s’agissant de la Troïka. Vaines illusions ! Néanmoins, la première année n’avait pas encore touché à son bout, que déjà la Tunisie a découvert qu’elle a plutôt à faire à une grande traversée de tranchées.

    Démasquée, la Troïka avide du pouvoir pour un mandat de plus qu’un an, s’est vêtue des oripeaux sociopolitiques de la violence –intellectuelle et physique- pour garder sa place en dépit de toutes retombées malsaines. Mais encore, une belle frange du peuple, celle-là même qui a trempé son doigt dans de l’encre bleu pour voter Ennahdha, CPR ou Ettakatol (les trois mousquetaires de la Troïka), a exprimé sa vive envie de voir déguerpir les occupants des sièges au pouvoir. L’opposition a vu dans la détresse et la déception de la Tunisie, une jolie brèche pour s’y faufiler et déloger, une bonne fois pour toutes, cette Troïka suffisamment incompétente pour mener le pays à la dégringolade continue. Mais, c’était sans compter sur une opposition, presque comme celle du temps de Ben Ali, vulnérable, désunie, égocentrique et, de surcroît, puérile.

    Cela étant, l’opposition, dans sa majorité écrasante, s’est accordée à dire que le gouvernement du 23 octobre a épuisé son capital de légitimité à l’issue de la première année comme le fameux document –qu’on pourrait nommer baiser de Judas- le stipule. C’est alors, que des appels à manifestation sont lancés dans une frénésie sans pareille invitant à mettre fin à la mascarade de l’ANC qui n’a que trop duré. Que d’affiches, que de messages et que de discours ont jaillit de part et d’autre appuyant cette frénésie de l’opposition et de cette frange de la Tunisie qui, au bout du compte, n’a pas trouvé son compte sous la Troïka. C’est tout de même drôle. A y voir de plus près, l’on pourra se rendre compte que, comme pourront en témoigner certains, la Troïka a su perpétuer les traditions benaliennes : loyauté égale à bons comptes.

    La frénésie passée, le premier anniversaire du 23 octobre avec, la Troïka, et Ennahdha précisément, car ce n’est secret pour personne que les deux autres ne sont qu’accessoires, reprend le cours de ses travaux à son profit. L’idée est de faire pousser des fleurs d’empathie sur les terres pelées des nahdhaouis d’un côté mais, aussi, de la Tunisie qui votera pour. Pour calmer les ardeurs, la Troïka a promis qu’à l’issue d’un délai de six mois, tout rentera dans l’ordre, la Constitution sera achevée, l’ISIE toute prête, et la date des prochaines élections sera fixée. Et, cerise sur le gâteau : l’économie sera rabibochée, comment ? Nous l’ignorons encore au vu des désastres qui s’accumulent depuis.

    Et comme le temps passe vitre, très vite même, voilà que nous sommes à la porte du deuxième anniversaire du 23 octobre. Et toujours rien. Nada ! C’est tout de même scandaleux et honteux : deux ans se sont écoulés, la légitimité du gouvernement en place périmée, et même pas capable d’achever une Constitution avec sous la main 217 députés. Faut bien croire que les tractations politiques entre l’opposition et le pouvoir n’ont servi que ce dernier : que l’on se crêpe le chignon autant que vous voudrez tant que nous restons en place et nous maintenons le contrôle, une ou deux petites insultes ne nous rendront que plus forts ! Réfléchirait la Troïka.

    Le régime est illégal, il ne jouit plus d’aucune légitimité, ceci est écrit noir sur blanc et tout juriste pourra attester de cela. Et c’est là que nous nous demandons : sont-ils si incrustés qu’il devient impossible de les déloger ? Qu’ont-ils d’aussi lourd qui les retient, eux qui n’ont de cesse d’afficher un hiératisme pâle ?

    Souvenez-vous, lorsque l’opposition a dénoncé le caractère illégal et illégitime du pouvoir en place, ce dernier a fait appel à son génie inouï pour trouver ce qu’il a appelé : la légitimité élective. Parce que ignares en politique que nous sommes, nous ne nous jouissons pas de la plénitude de la culture politique maîtrisée par nos gouvernants. Face à un tel génie, l’opposition a fini par abdiquer. Car, cette dernière, a même été menacée de regrettables représailles et il faut croire qu’elle n’a pas suffisamment de culot pour passer le cap. Bien entendu, la Tunisie en trinque.

    A la veille du deuxième anniversaire, l’opposition a tout l’air de jouer à un jeu malsain. C’est qu’elle en a pris de son adversaire ces derniers temps. Elle s’est engagée dans le délire du dialogue national avec la Troïka épaulée par les organisations nationales : l’UGTT, l’UTICA, LTDH et le conseil de l’ordre des avocats. Dialogue qui a mis du temps à démarrer, les dates de son entame ont été souvent changées, presque à l’humeur du jour des parties prenantes. Au final, c’est le jour du 23 octobre que l’on retiendra et annoncera comme date du démarrage officiel du dialogue national. Dans le même temps, cette même opposition qui a fait un pacte avec le diable, lance de vifs appels à manifester le 23 octobre, pour dénoncer l’illégalité du régime en place et y mettre fin. Pour chasser le gouvernement des incompétents, du terrorisme et de la bêtise dans toute sa splendeur, l’opposition n’a clairement plus de craintes, elle pactise avec la Troïka et manifeste contre elle. Certains pourront qualifier cela d’hypocrisie politique, oui le qualificatif est bien choisi. Mais attendons, patientons, après tout nous avons bien patienté deux années, c’est dans quelques heures que nous saurons si le tableau de cruauté finira par être détruit ou si nous nous apprêtons à accueillir une deuxième année d’illégalité.

    Nadya B’CHIR

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