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Rached Ghannouchi : La Tunisie aura un gouvernement consensuel dans 3 ou 4 semaines

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    « Il faut faire rétablir la confiance entre les différents protagonistes politiques pour faire réussir le dialogue national et aboutir dans 3 ou 4 semaines à un gouvernement consensuel qui conduira la Tunisie vers des élections libres, démocratiques et transparentes ». C’est en ces termes pleins d’optimisme et d’espoir que Rached Ghannouchi a parlé tout au long de l’interview accordée à la chaîne Al Wataniya 1, ce soir du 27 octobre 2013.

    Après avoir rendu un vibrant hommage au « professeur ingénieur Ali Laârayedh », qualifié de « leader » pour son sens du patriotisme et du sacrifice, le chef du parti islamiste a exprimé sa confiance en la réussite prochaine du dialogue national qui vient de démarrer.
    Dans trois ou quatre semaines, la Tunisie aura un gouvernement consensuel ayant l’aval et la confiance de tous les participants au dialogue national pour gérer les affaires du pays durant les 6 ou 7 mois à venir, le temps d’organiser les élections définitives. Un gouvernement qui bénéficiera, automatiquement, de la confiance de l’Assemblé nationale constituante (ANC).
    En effet, interrogé sur les risques que le prochain gouvernement puisse être « censuré » par l’Assemblée, M. Ghannouchi a écarté totalement cette éventualité dans la mesure où Ennahdha qui l’aura cautionné au sein du dialogue national ne peut pas le désavouer à l’ANC où il dispose d’une relative majorité.

    Le chef du parti islamiste a mis l’accent sur la nécessité de la simultanéité des deux axes, celui du gouvernement et celui de l’ANC qui reste tout de même le mécanisme de base, car il représente la seule institution légitime élue par le peuple.
    « Nous aurions pu nous attacher à la loi en vigueur et exiger de rester au pouvoir, mais nous avons jugé plus juste de faire des concessions pour sortir de l’impasse car la Tunisie demeure au dessus d’Ennahdha, de tous les partis politiques et de toute autre considération étroite ou personnelle », a-t-il tenu à souligner.

    Il faut dire que tout au long de l’interview, Rached Ghannouchi a adopté un ton apaisant et s’est montré très conciliant et très ouvert envers tout le monde. « Nous sommes condamnés à mettre la main dans la main, à dépasser la phase des dénigrements et des accusations et les théories de complot pour aspirer à réussir. Ne regardons plus le passé, mais plutôt l’avenir de la Tunisie qui appartient à tous les Tunisiens, islamistes, modernistes, libéraux, communistes soient-ils », a-t-il martelé en substance.
    Il a également insisté plus d’une fois sur la nécessité de tourner la page des hommes d’affaires et de clore leurs dossiers. « Qu’on lève l’interdiction de voyage qui pèse sur eux et qu’on leur permette de disposer de leurs avoirs et biens afin qu’ils retournent à leurs activités et reprennent leurs investissements pour le bien de la dynamique économique », a-t-il indiqué tout en appelant à la tolérance et au pardon et au bannissement de toute velléité de vengeance.

    Evoquant la question du terrorisme, M. Ghannouchi a reconnu qu’il avait parlé des salafistes comme étant « nos enfants avec qui il faut discuter, mais c’était du temps où ils exprimaient des idées et des pensées, mais maintenant qu’ils lèvent les armes et qu’ils veulent imposent leurs opinions par la force, nous rejetons catégoriquement et nous dénonçons vigoureusement cette approche contraire aux préceptes mêmes de la religion islamique ».
    Le leader d’Ennahdha s’est indigné des accusations lancées contre son parti à propos des actes terroristes commis dernièrement et a regretté les pertes en vies humaines parmi les militaires, les éléments de la Garde nationale et les agents de force de sécurité qui constituent le rempart pour protéger le pays de tous les dangers éventuels.
    Et sans aller jusqu’à accuser Bourguiba ou Ben Ali d’avoir alimenté le phénomène du terrorisme en Tunisie, M. Ghannouchi s’est contenté de dire que ce fléau existe partout dans le monde et qu’il est le produit qui nous vient d’autres pays et que des actes terroristes étaient enregistrés du temps de Ben Ali et sous le gouvernement de M. Caïd Essebsi.

    En conclusion, le leader du parti Ennahdha s’est montré d’un optimisme presque béat car il a « confiance en toutes les composantes du dialogue national, une confiance qui doit être de mise, dorénavant entre toutes les parties politiques pour l’intérêt de la Tunisie ».


    Noureddine HLAOUI

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