Rached Ghannouchi, a publié un article en date du 12 novembre 2013, sur Al Jazeera.net intitulé "Le dialogue national sauvera-t-il le printemps arabe?".
Le leader d’Ennahdha a commencé par comparer la situation actuelle du pays à un accouchement difficile, mentionnant le risque d’asphyxie du nouveau-né et de décès de la mère, tout comme la possibilité d’une fin heureuse avec une mère comblée et des youyous.
M. Ghannouchi a donc affirmé que la situation du pays est extrêmement précaire, "comme si la locomotive de la transition roulait sur un fil suspendu entre ciel et terre, avançant avec une extrême prudence de peur de tomber, surtout avec ce qui s’est passé dans un pays similaire", selon sa propre expression symbolique.
Il a argué: "Il a suffi de quelques balles d’un même révolver, pour faire chuter un gouvernement et installer le pays dans une crise, de laquelle, le parti Ennahdha est sorti déplumé, en abandonnant la moitié de ses "actions" dans le gouvernement (les ministères de la souveraineté)".
Et d’ajouter, "le train n’était pas encore bien avancé, pour que d’autres balles du même révolver (!!) atteignent un leader pour enfoncer le pays dans une nouvelle crise pouvant coûter la vie à Ennahdha, car accusé de négligence et tenu pour responsable, puisqu’en dépit de l’avertissement d’une institution internationale parvenu deux semaines avant cet assassinat, rien n’a été fait pour le protéger". "Il n’est donc pas exclu, selon M. Ghannouchi, que d’autres balles soient tirées et qu’elles engendrent une secousse voire un séisme, comme celui de l’Egypte, ou un débordement tel que celui de la Libye".
M. Ghannouchi a par la suite déduit que "nul ne peut prévoir l’évolution de la situation. En outre, les réformes faites par le gouvernement restent très insuffisantes"… "La solution est par conséquent forcément politique … la logique de la gouvernance consensuelle doit donc primer sur celle du mécanisme du pouvoir contre opposition… ".
M. Ghannouchi a ensuite affirmé que "l’initiative du quartet en faveur du dialogue national, en dépit des difficultés, est positive… La scène politique morbide a failli faire échouer l’expérience tunisienne, si ce n’est l’initiative du quartet d’une part et d’autre part la réaction positive d’Ennahdha face à cette initiative ainsi que les concessions faites pour l’intérêt général du pays".
M. Ghannouchi a par ailleurs déclaré: « Il est de son plein droit, pour le détenteur du pouvoir de ne le céder qu’à une partie qui lui inspire confiance, une partie neutre, connue pour ses vertus, sa "justice", sa force de caractère, et son passé honorifique dans la lutte contre la tyrannie!".
Et de conclure: "Le seul moyen de sortir de cette crise passe forcément par la conviction de tous que le dialogue national doit réussir".










