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Sadok Chourou, l’oiseau de mauvais augure

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    Les débats autour de la nouvelle constitution au sein de l’ANC touchent à leur fin suscitant un soulagement collectif et un élan d’espoir parmi une large frange de la population. Cela ne semble pas plaire à certains élus qui regardent le monde à travers un prisme de haine et de confrontation.

    Parmi ceux-là le député Sadok Chourou, vieillard cacochyme, sorti d’un autre temps qui nous prédit que la nouvelle constitution est un mort-né. Il aurait pu se taire et ne pas jouer l’oiseau de mauvais augure mais son mépris pour la démocratie et le consensus l’ont fait sortir de ses gonds et quitter un mutisme qu’on croyait sagesse pour s’avérer rancœur et affliction.

    Jusqu’au bout, son apport a été nul au sein de l’ANC. Il fait partie de ceux qui ont profité à fond de l’argent du contribuable pour ne rien leur apporter en échange, pas même une lueur d’espoir. Quand tout le pays s’oriente vers l’avenir, lui et ses pairs regardent en arrière au nom d’un puritanisme religieux qui n’est qu’archaïsme, délire et fanatisme.

    Avant lui, un autre cheikh à deux sous avait appelé au meurtre d’un député toujours au nom d’un islam sanguinaire, inconnu par les musulmans de Tunisie. Habib Ellouze, puisque c’est de lui qu’il s’agit, était visiblement mécontent que la nouvelle constitution consacre les droits humains fondamentaux. Il a tenté de bloquer les débats sans grand succès en appelant à la dilapidation du député Mongi Rahoui. Faute d’éliminer ceux qui ont rédigé le texte comme l’espérait son compagnon, Sadok Chourou a prédit la mort du texte lui-même.

    Malheureusement, ces deux cheikhs moyenâgeux ne sont pas les seuls personnages tragi-comiques au sein de l’ANC. D’autres élus, croyant surfer sur une vague porteuse se sont découverts une piété qui leur sied mal.
    Brahim Gassas, a surpris tout le monde en s’érigeant défenseur du Prophète et de la religion. On ne lui connaissait pourtant pas d’autre intérêt que celui de récupérer ses indemnités de logement. N’avait-il pas prévenu qu’il ne laisserait pas l’ANC débattre de la constitution tant qu’il n’aurait pas reçu son argent. Quelle bonne opportunité que de défendre l’islam pour exiger le chèque.

    De son côté, l’inclassable Abderraouf Ayadi avait été à l’origine de la suspension d’une séance plénière quand il a arboré des desseins blasphématoires tirés d’un compte Facebook d’une illustre inconnue. Il avait tout simplement omis de dire que ces dessins datent de plus d’un an et demi et qu’ils avaient été publiés par un magazine étranger. Mais peu importe pour ce chef de parti(cule),l’objectif était de bloquer les débats sur la constitution et de s’opposer l’inscription de la liberté de conscience.

    Aymen Zouaghi, lui, avait la conscience tellement aiguisée qu’il a failli inonder l’hémicycle de ses larmes. Ce sauvageon pleurnichard s’est carrément affalé en voyant ces dessins blasphématoires et à trop en faire, il est devenu la risée de tous.
    Tout comme son patron Hachemi Hamdi d’ailleurs qui a qualifié le texte de la constitution d’enfant illégitime. Il faudrait peut-être qu’on lui accorde la possibilité de se présenter aux élections présidentielles en gardant sa nationalité de serviteur de sa majesté et de gouverner le pays, une fois élu, à partir de ses studios à Londres pour que la constitution tunisienne devienne acceptable à ses yeux. Il faudrait aussi que les Tunisiens deviennent amnésiques pour oublier que cet énergumène avait défendu, bec et ongles, non sans intérêts sonnants et trébuchants, l’ancien président et sa famille allant jusqu’à affirmer que sa femme était une femme pieuse et qu’il était témoin de sa piété.
    En cela, Leila Trabelsi et Sadok Chourou peuvent avoir quelques ressemblances. Ce sont deux êtres pieux dont les Tunisiens ne veulent point.

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