Dans un communiqué daté du 20 janvier 2014, le Syndicat des Magistrats Tunisiens (SMT) a réagi à la déclaration du ministre de Justice faisant état de l’intention de recruter 553 nouveaux magistrats parmi les universitaires et les avocats et ce, sans concours.
Le SMT exprime son étonnement de voir une telle décision émaner d’un ministre faisant partie d’un gouvernement démissionnaire, dont le seul rôle reste d’assumer la gestion des affaires courantes, sans plus. Le SMT a également annoncé son refus de voir recruter des magistrats par le pourvoir exécutif et considère ceci comme une violation des prérogatives de l’Instance provisoire de l’ordre judiciaire et un empiètement du conseil supérieur de la magistrature.
Par ailleurs, le SMT évoque les répercussions d’une telle déclaration ministérielle, qui vise à transgresser la magistrature et à avoir main basse dessus, par des recrutements basés sur des allégeances politiques dans le but de porter atteinte au droit du peuple tunisien à une Justice, non soumise à un quelconque pouvoir, hormis la loi et une justice où il n’y a pas de place pour les tiraillements politiques.
Le SMT a également dénoncé une déviation du ministre de la Justice du principe de l’égalité des chances, sur la base de l’organisation de concours, et a dénoncé un refoulement des diplômés des facultés de Droit et de l’Institut supérieur de la magistrature.
En outre, le SMT a pointé du doigt le danger de cette déclaration qui exprime l’intention de recruter parmi les catégories 2 et 3, en dépit du fait que le manque d’effectif en magistrats se fait sentir surtout dans la catégorie 1. Le syndicat dénonce également la concomitance d’une telle démarche simultanément avec le vote de l’alinéa relatif au pouvoir judiciaire dans la Constitution; un alinéa qui ne construit nullement un pouvoir judiciaire indépendant et qui dénote d’une immixtion du pouvoir exécutif dans le secteur judiciaire, selon le SMT.
Enfin, le SMT appelle tous les magistrats et les composantes de la profession ainsi que les composantes de la société civile à lutter contre toute tentative de mainmise sur le pouvoir judiciaire.










