Dernière trouvaille du député CPR Samir Ben Amor : censurer le mot Ezzine contenu dans de vieilles chansons tunisiennes. Sur sa page Facebook, il a ainsi critiqué Shems FM d’avoir diffusé mardi 27 mai 2014 une vieille chanson tunisienne où l’on trouve le passage « A Bab Souika, j’ai vu ezzine, zine el arab wallah ». La chanson date des années 90 et le mot ezzine ou zine signifiant « beau ou beauté » en langue arabe. Le député épingle ensuite RTCI d’avoir diffusé, il y a quelques semaines, une autre chanson, cette fois-ci non tunisienne, où l’on entend le mot « ah ya zine ».
Ses fans ont réagi sur le même ton, sur ce statut Facebook, et continuent sur sa lancée. Outre le dénigrement ordinaire des médias, qualifiés de « médias de la honte », à cause de ce mot, on retrouve l’un d’eux qui fait part de sa stupéfaction en voyant l’une de ces radios utiliser « nharek zine ». Formule classique dans le dialectal tunisien, signifiant bonne journée, et qui existe bien avant Ben Ali, également.
Mais Samir Ben Amor ne s’arrête pas là, dans son statut il assimile l’utilisation de cet adjectif à une attitude « contre-révolutionnaire ». Et de s’interroger : « Où est l’Etat garant de la révolution ?», reprenant ici les paroles de Mehdi Jomâa dans son récent discours des 100 premiers jours du gouvernement. « Qu’ils me rappellent une seule décision prise dans l’intérêt de la révolution. Je ne les vois protéger que la contre-révolution ». Samir Ben Amor, est-il en train d’appeler le chef du gouvernement à bannir du dictionnaire le mot « zine » ? Le folklore tunisien et arabe est pourtant riche de mots rappelant les noms de l’ancien président et de son épouse. Faudrait-il censurer le mot « layl » (nuit) également ? [ NDLR : en référence à Leila Ben Ali, ancienne première dame].










