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Les menaces contre la liberté de la presse, en débat au Forum de la Presse Maghrébine

Le deuxième Forum de la Presse Maghrébine, organisé par la Délégation de l’Union Européenne autour du thème : « Quelles menaces sur la Presse maghrébine aujourd’hui » s’est tenu aujourd’hui, jeudi 29 mai 2014 à Hammamet. Le Forum a été inauguré par l’ambassadrice de l’UE en Tunisie, Laura Baeza, ainsi que le président de la Fédération Tunisienne des directeurs de journaux, Taïeb Zahar.

Le premier panel du forum a porté sur l’état des lieux de la presse maghrébine, au cours duquel, des rapports concernant l’Algérie, le Maroc, la Libye ainsi que la Mauritanie ont été présentés. Les représentants de l’Algérie ont évoqué, entre autres, la problématique des poursuites pénales contre les journalistes. A cet effet, l’exemple du procès opposant le quotidien El Watan à la télévision algérienne a été donné. Par ailleurs, les représentants de presse algériens ont appelé leurs pairs à réagir afin que les problèmes de liberté de la presse, survenus en Algérie dans les années 90 et ayant conduit à l’assassinat de 70 journalistes, ne se reproduisent pas en Libye. L’intervention de la Délégation de l’Union Européenne auprès des autorités libyennes à ce propos, a été vivement revendiquée par les représentants de l’Algérie.

Khaled Gulam, membre de l’instance générale de la presse en Libye, a indiqué, de son côté, que depuis la révolution du 17 février, le nombre de journaux quotidiens et périodiques apparus a évolué à une grande vitesse. En 2010, leur nombre était de 9 et est passé, en 2011, à 132 journaux et périodiques, pour atteindre le nombre de 39 en 2013. Selon M. Gulam, en Libye, le marché de la presse a été grandement démocratisé et « même un mécanicien avait le pouvoir et le droit d’avoir son propre média. »

De son côté, Ahmed Hiddas, professeur en droit des médias et propriété intellectuelle à Rabat, a expliqué qu’au Maroc, les frasques des gouvernants sont multiples et nombreuses, « ce que les Marocains savent, a été révélé par la presse étrangère » conteste-il avant d’ajouter que, de part leur statut, les médias audiovisuels ne peuvent pas reprendre ou relayer les médias étrangers.   

Olivia Gré de l’organisation RSF a relevé, au cours de son intervention sous le thème « l’état de la presse maghrébine dans le miroir européen » que la Libye est le cas le plus extrême et le plus inquiétant en matière de presse. « Les journalistes kidnappés sont au nombre de 14 et, d’ailleurs, la représentante de RSF à Tripoli a été évacuée», souligne Olivia Gré. Par ailleurs, l’organisation RSF a relevé le fait que la publication du Livre noir par la Présidence de la République tunisienne, portant sur les journalistes ayant collaboré avec l’ancien régime de Ben Ali, est une atteinte à la liberté de la presse et a fait régresser la situation.  

De son côté, Ignacio Cembrero, journaliste indépendant espagnol a expliqué que la situation de la presse en Europe n’est pas meilleure que celle dans le Maghreb. « J’étais, toutefois, content lorsque la loi sur l’abattement fiscal dont profitaient les journalistes payant -35% d’impôt » souligne M. Cembrero.


Exposant le climat d’anarchie et d’incertitude qui règne dans le secteur de l’information, en Libye après la révolution du 17 février, Khaled Gulam a indiqué que des voix se sont élevées, que ce soit de la part des gens du métier ou des académiciens, cherchant le moyen susceptible de mettre de l’ordre et d’encadrer ce métier. Et d’ajouter que « 400 journalistes se sont réunis officiellement autour de ce qui est appelé « Rassemblement de dialogue des journalistes libyens » dans la ville de Tripoli où la rédaction d’un pacte d’honneur du métier du journaliste a été annoncé».

La situation de la presse en Libye devient des plus inquiétantes ces derniers temps, de surcroît après l’assassinat de deux journalistes. Un communiqué a été édité, vendredi 30 mai 2014, par les journalistes présents au forum, dans lequel, ils condamnent les liquidations physiques des confrères libyens.

Nadya B’chir

* Photo d’archives

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