Lors de la dernière séance du deuxième Forum de la presse maghrébine, tenue vendredi 30 mai 2014, le thème de la création d’un conseil national de la presse a été traité avec l’exposition de différentes optiques proposées par les participants maghrébins et européens.
Sadok Hammami, enseignant à l’IPSI, a expliqué qu’il existe plusieurs visions en ce qui concerne la configuration du conseil national de la presse telles que l’optique de l’association. « L’idée que je défends pour ce type d’organisme est celle de la mise en place d’un dispositif d’autorégulation qui est la seconde exigence de essentielle de la presse tunisienne», précise M. Hammami avant d’ajouter que dans le contexte actuel, l’autorégulation permet de renforcer l’autonomie de la presse tunisienne ainsi que de limiter le recours des citoyens à la justice.
De son côté, M. Boujemâa de l’Algérie, a indiqué que la meilleure idée de concevoir le conseil national de la déontologie demeure celle qui inclut dans sa composition des représentants de la société civile sous la forme d’un contrat social entre la presse et la société sans que les autorités gouvernementales n’interviennent.
Pour le Maroc, M. Hidoussi a évoqué l’expérience de son pays en matière de conseil de la presse, en précisant que le leur a été approuvé par le parlement ainsi que par le gouvernement. Aussi, une proposition de la constitutionnalisation du conseil de la presse a-t-elle été formulée auprès de l’instance de tutelle. « Le conseil national de la déontologie se charge de deux missions : celle de la régulation et celle l’arbitrage, ce qui est à même d’éviter de porter les différends entre le corps de la presse et les citoyens au pôle judiciaire », a ajouté M. Hidoussi.
Khaled Gulam de la Libye a fait part de l’expérience de son pays dans le domaine de création d’un conseil de la presse qui n’a pas eu réellement de succès. Il a expliqué que le premier ayant été créé à Tripoli lors d’un grand forum a été composé par des personnes non habilitées à intervenir dans le domaine de la régulation de la presse. Pour y remédier, d’autres intervenants de la presse et autres secteurs annexes ont organisé un forum dans une autre région de la Libye afin de créer un autre conseil national de la déontologie présidé par un acteur très célèbre mais sans pour autant avoir un lien avec le secteur de la presse. Benoît Califano, expert en déontologie, a expliqué qu’il vaut mieux qu’il y ait qu’une seule déontologie qui serait universelle sans l’intervention des autorités.
A son discours de clôture, l’ambassadrice de la Délégation de l’Union Européenne a précisé qu’en guise de budget dédié au secteur des médias en Tunisie, elle ne détient qu’un million d’euros pour financer le projet de soutien aux médias tunisiens, et un budget de 300 mille euros consacrés à la formation des journalistes.
La clôture du forum a été ponctuée par la lecture d’un communiqué publié afin de dénoncer les liquidations physiques perpétrées contre des journalistes en Libye et affirmer le soutien de toutes les parties prenantes au forum aux confrères libyens.
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