L’ancien secrétaire général du RCD et actuel conseiller de Nidaa Tounes, Mohamed Ghariani, a accordé sa première intervention médiatique depuis sa sortie de prison à la chaîne Russia Today. Dans cette interview, publiée le 30 juin 2014, Mohamed Ghariani présente ses excuses au peuple tunisien.
"Je m’excuse pour les dépassements de l’ancien régime et ce qu’il a commis comme actes répréhensibles" a-t-il expliqué. M. Ghariani a ajouté que les responsables de l’époque ne pouvaient s’opposer aux décisions du régime car il n’était pas possible d’exprimer ces positions avec franchise hormis dans certains cercles étroits.
Revenant sur son passage en prison (qui a duré plus de deux ans), Mohamed Ghariani a expliqué que c’était une expérience dure et amère. "Je ne souhaite la prison à personne, même pas à mon ennemi" a-t-il déclaré. Il a poursuivi en disant qu’il ne concevait pas qu’un Tunisien puisse jeter son frère Tunisien en prison et qu’il s’était dit qu’il y avait des personnes "malades de vengeance". Il a ajouté que ces personnes là ne sont pas aptes à prendre le pouvoir car elles sont "habitées" par la vengeance et la tyrannie. Il a également déclaré qu’il n’avait pas été torturé en prison mais que la torture était psychologique car il était victime d’une campagne le visant. Il a aussi précisé que certains partis d’opposition ont pris sa défense car il n’avait pas commis de crime.
Par la suite, Mohamed Ghariani a livré sa lecture de la scène politique actuelle en disant que le mouvement destourien devait établir son propre bilan. Il est également revenu sur l’ère Ben Ali en déclarant que l’ancien président avait structuré le parti de l’intérieur et qu’il avait une préférence pour les techniciens ou technocrates par rapport au politiciens. Il a également dit que Ben Ali avait organisé le parti pour en faire une structure au service de l’Etat.
Par ailleurs, Mohamed Ghariani a déclaré qu’il ne se présenterait à aucune élection car il est conscient que la réconciliation n’a pas encore eu lieu. Il a également conseillé à toutes les figures de l’ancien régime de ne pas se présenter aux élections en attendant que la réconciliation se fasse. Toutefois, il refuse l’exclusion de ces figues dans un contexte où toutes les compétences doivent s’unir pour le bien de la Tunisie.
Crédit photo : Russia Today
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