Aymen El Ajmi a été libéré vendredi 3 octobre 2014 vers 12h30 et pourra passer l’Aïd chez lui après que le Procureur ait reçu la lettre d’abandon de l’accusation signée par le ministre des Affaires étrangères, Mongi Hamdi. L’ordonnance de libération vient d’être signée par le ministère public.
Aymen El Ajmi est le directeur de l’agence de presse à tendance islamiste Binaa News. Il a été accusé par le ministre de propagation de fausses informations et ce après son refus de retirer un article ou de publier un démenti relatant de supposées déboires du ministre à l’aéroport à Paris. Il a été mis en examen et en état d’arrestation sur la base d’un article du code des télécommunications au lieu du code de la presse qui ne prévoit aucune détention préventive.
Le ministre a exigé une lettre d’excuses et le retrait de l’article diffamatoire pour retirer sa plainte, ce qui fut fait.
Plusieurs organisations professionnelles ont manifesté leur désapprobation totale des charges retenues contre Aymen El Ajmi sur la base du code des télécoms exigeant que seul le code de la presse soit la référence en matière de délits de presse. Parmi elles, la Fédération tunisienne des directeurs de journaux, le syndicat national des journalistes tunisiens et l’Organisation tunisienne de défense des journalistes. Pourtant, l’agence Binaa News et son quotidien Adhamir n’ont jamais manifesté un quelconque soutien aux journalistes ayant subi des déboires similaires et frappés par des décisions judiciaires d’arrestation, comme Nizar Bahloul ou Zied El Héni. C’est même le contraire, le quotidien en question trouvait cela tout à fait normal puisqu’il s’agissait de journalistes à tendance laïque. « C’est une question de principe et nous ne nous occupons pas de l’identité de la victime, déclare Zied El Héni à Business News. Peu importe le contenu de l’article et ce qu’a rédigé le journaliste, la loi doit être respectée et la loi c’est le code de la presse qui s’applique sur les journalistes et non celui des télécommunications. »










