L’Association des Tunisiens des grandes écoles (ATUGE) a organisé, mardi 13 janvier 2015, un diner-débat, à l’hôtel Concorde aux Berges du Lac à Tunis, sur le secteur de l’énergie en Tunisie. Le ministre de l’Industrie, de l’Energie et des Mines, Kamel Bennaceur et le constitutionnaliste, Ghazi Gherairi étaient les principaux animateurs de cet événement.
Au début de son intervention, le ministre a expliqué que la consommation mondiale d’énergie dépendra dans les années à venir de trois scénarios possibles. Un premier scénario où l’on continue à consommer de la même façon. « C’est-à-dire sans tenir compte du changement climatique » a-t-il éclairci. Le deuxième scénario implémente un certain nombre de politiques énergétiques dans le but de réduire les émissions de CO2. Quant au troisième scénario, appelé Scénario 450, il propose une évolution du système énergétique mondial qui permet de limiter le réchauffement climatique à 2°C.
Toujours, dans le même volet, M. Bennaceur a indiqué que les prévisions à l’horizon 2040 montrent une baisse de la consommation du pétrole et du charbon contre une augmentation de celle du gaz et des énergies renouvelables. « On constate ainsi que le mix énergétique est en train d’évoluer » a-t-il souligné, et de préciser, dans le même ordre d’idées, que les tendances révèlent un intérêt grandissant pour les ressources non conventionnelles que ce soit en pétrole ou en gaz.
En ce qui concerne la Tunisie, la production était supérieure à la demande avant que la situation ne se renverse et « que l’on devienne déficitaire malgré l’augmentation de la production » a-t-il ajouté, expliquant que ceci est dû, essentiellement, à la non-découverte de nouveaux gisements. Dans le même contexte, Kamel Bennaceur a fait remarquer que la demande énergétique en Tunisie avait explosé depuis le début des années 2000 avant de se stabiliser en 2014.
Le ministre attire, par ailleurs, l’attention sur la taille des subventions énergétiques. « Celles-ci sont égales à la totalité des investissements publics. Si cet argent était placé dans des projets à forte employabilité, on aurait embauché 250 mille personnes chaque année. Ce qui permettrait, dans cinq ans, d’éradiquer totalement le chômage» a-t-il soutenu, considérant, à cet égard, qu’il soit nécessaire de rationaliser ces dépenses surtout que seulement 20% de ceux qui en profitent ont véritablement besoin de cette subvention.
Parmi les autres actions qu’il faut entreprendre, le ministre appelle à miser sur les énergies renouvelables ainsi qu’à renforcer les interconnexions avec les pays voisins. « Lors du dernier blackout, nous avons pu rétablir l’électricité en un temps record grâce à notre connexion avec l’Algérie ».










