Pour sa première interview télévisée depuis son accession au palais de Carthage, Béji Caïd Essebsi a choisi la chaîne publique El Wataniya 1 et son journaliste-vedette (ancien patron de la rédaction), Saïd Khezami.
Indépendamment du contenu de l’interview, il y a lieu de s’arrêter sur deux points relatifs à la forme.
Le premier point est relatif au choix de la chaîne. Pourquoi l’exclusion des chaînes privées de la première interview du premier président de la IIème République ? L’époque où le public primait sur le privé est révolue à ce que l’on sache et il n’y a plus lieu de faire de la discrimination public-privé, d’autant plus que les émissions politiques du privé bénéficient d’une audience nettement supérieure à celles de la Télévision publique. Accompagner Saïd Khezami par deux ou trois journalistes de chaînes privées est plus indiqué, à notre sens, pour la symbolique de cette première interview télévisée.
Le second point est relatif à l’emplacement de Béji Caïd Essebsi. Le président de la République était assis derrière son bureau. Cette mise en place a mis l’intervieweur dans une position de subordonné de l’interviewé alors que l’entretien aurait dû avoir lieu en face à face, autour d’une table par exemple, mais pas de derrière un bureau. Cela donne l’impression que l’interviewé est le supérieur dictant ses ordres à un journaliste porteur de micro. Béji Caïd Essebsi a beau être président de la République et, hiérarchiquement, supérieur de Saïd Khezami (vu qu’il est le représentant d’une télévision publique), son service de communication se devait de faire attention à ce détail. D’ailleurs, la faute (car il s’agit bien d’une faute) n’incombe pas uniquement au service de communication de la présidence, mais également à M. Caïd Essebsi qui connait parfaitement le sens donné à cette « mise en scène » et à M. Khezami qui l’a acceptée.
Faute ou acte prémédité signifiant la position à venir de BCE ? Quoi qu’il en soit, assis derrière son bureau, le président de la République a commencé à « bien » asseoir son autorité présidentielle.
R.B.H.










