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Trois députés CPR rendent visite aux terroristes suspects

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    Les CPR renouent avec le discours des Droits de l’Homme et de l’humanisme après quatre ans d’absence. Mais ceci ne semble être valable qu’avec les personnes suspectées de terrorisme et non tous les Tunisiens.

     

    Après Samia Abbou et Imed Daïmi, hier soir, c’est au tour de Ibrahim Ben Saïd, Mabrouk Hrizi et Sabri Dekhil, tous les trois députés CPR, d’aller à la caserne d’El Gorjani pour rendre visite aux sept personnes suspectées de terrorisme, mercredi 5 août 2015. Après une garde à vue de six jours, les suspects ont été traduits devant un juge d’instruction qui a décidé de les libérer. Quelques heures après, ils ont été arrêtés par les forces de l’ordre dans une voiture banalisée dans une rue jouxtant le palais de justice.

     

    Une polémique a été déclenchée, juste après cette arrestation, avec un flot de contrevérités.

    La première à donner le la fut Samia Abbou qui a parlé de torture, en signalant que les suspects ont été brûlés par des bouts de cigarette et que leur anus saignait. Décrivant la scène d’arrestation, Mme Abbou a parlé de kidnapping par des civils dans une voiture ordinaire qui a quitté les lieux avec une vitesse vertigineuse. Elle s’est cependant entremêlée les pinceaux en donnant la description de la rue (impasse du martyr Chokri Belaïd), séparant le palais de Justice à la Cour d’Appel, et où il est concrètement impossible de rouler ou de démarrer à grande vitesse. Tous ceux qui connaissent cette impasse témoignent de l’exigüité des lieux, l’état de la chaussée et la présence, à l’autre bout de l’impasse,  de gros pots en béton destinés, justement, à empêcher la grande vitesse et ce en prévision des évasions.

     

    Un député du CPR a parlé, pour sa part, d’ecchymoses. Imed Daïmi, quant à lui, est allé carrément jusqu’à parler d’une torture extrême.

     

    Réagissant à l’affaire, Najem Gharsalli, ministre de l’Intérieur, a indiqué que l’arrestation s’est faite dans le total respect des lois, vu qu’il y avait un mandat de dépôt délivré par le parquet.

     

    Comme indiqué ce matin par Business News, les suspects étaient impliqués dans d’autres affaires et non uniquement dans celle pour laquelle ils ont été convoqués par le juge. Il s’agit d’une affaire de complot dont la teneur sera communiquée ultérieurement et il existe des preuves, d’après le ministre, attestant de cela. Ceci dément catégoriquement les propos des différents députés qui présentent les suspects de terrorisme comme de parfaits innocents.

     

    Quant à l’histoire de torture, le ministre balaie d’un revers indiquant qu’il n’y a aucune preuve attestant de cela et que s’il y a des violations établies, son département se conformera à la loi.

     

    Il est bon de rappeler que, durant leurs trois ans au gouvernement, les CPR n’ont jamais réagi aux différentes violations des Droits de l’Homme, ni aux histoires de torture, ni aux abus policiers, tous dénoncés à l’époque par plusieurs ONG et médias. On est allé même jusqu’à dire que certains prisonniers (athées) sont en prison pour leur sécurité et de jurer leurs grands dieux de ne pas avoir été informés de la longue grève de la faim de deux salafistes qui a abouti à leur mort.

     

    R.B.H.

     

     

     

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