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Adnène Mansar : Le gouvernement Essid ne tiendra pas jusqu’à octobre 2015 !

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    Adnène Mansar, ancien porte-parole du président Moncef Marzouki, est revenu, dans une interview accordée à Myriam Belkadi dans son émission Ahla Sbah sur Mosaïque Fm ce mardi 11 août 2015, sur la polémique sur l’extradition de Baghdadi Mahmoudi et en faisant des commentaires sur les gouvernements Essid et Jomâa.

     

    Ainsi, M. Mansar estime que Hamadi Jebali n’a pas incriminé Moncef Marzouki dans cette affaire. Il a, à cette occasion, soutenu la requête de l’ancien chef du gouvernement nahdhaoui réclamant une audition publique auprès de l’ARP pour lever le voile sur les circonstances de cette affaire et éclairer l’opinion publique, en se proposant pour témoigner ayant géré cette affaire en sa qualité de conseiller du président à cette époque. «Que chacun (toutes les parties au pouvoir qui avaient une influence et pouvaient prendre des décisions dans ce dossier) assume ses responsabilités !», a-t-il argumenté.
    Il a rappelé qu’à la base, la décision d’extradition de l’ancien Premier ministre libyen était une décision judicaire, mais laissait une marge au gouvernement pour évaluer la situation, en reconnaissant que le gouvernement de Béji Caïd Essebsi avait estimé que le timing n’était pas bon pour cette extradition.
    Il a enfoncé en parallèle le gouvernement Jebali, expliquant que la correspondance annonçant l’extradition de Baghdadi Mahmoudi a été envoyée à la présidence de la République alors que l’ancien Premier ministre libyen était dans l’avion en route vers son pays.
    En réponse à la remarque de Mme Belkadi disant que plusieurs estiment que la requête de M. Jebali est tardive, Adnène Mansar explique que la séance plénière va permettre de mettre fin à la surenchère et à la polémique. Il a fait remarquer que l’ancien chef du gouvernement nahdhaoui a demandé dans ses interventions la levée du secret bancaire sur les comptes de tous les intervenants dans cette affaire, ce qui pourrait révéler une grave affaire de corruption sur laquelle on doit enquêter.

     

    Autre point, il a estimé que le gouvernement Essid sera celui qui aura la plus courte durée de vie depuis la révolution, soutenant que ce gouvernement sera dissous ou remanié d’ici septembre ou octobre. «Quelles sont les réalisations de ce gouvernement ? Avant on pouvait attendre un an ou un an et demi mais actuellement les dossiers sont brulants. Pour moi, ce gouvernement avait comme mission de planter le décor pour le prochain gouvernement, avec la mise en place des réformes nécessaires, notamment avec la Loi antiterroriste ou ce que j’appelle la « Loi Terroriste »», a-t-il déclaré. Il a soutenu, dans ce contexte, que le bilan des gouvernements de la Troïka était nettement meilleur que celui de Essid.

     

    Interrogé sur le bilan du gouvernement de Mehdi Jomâa, Adnène Mansar a affirmé que la plus grande catastrophe dans l’histoire de ce pays depuis le départ de Ben Ali est le gouvernement Jomâa. Pour lui, beaucoup de dossiers gérés par ce gouvernement doivent être ré-ouverts, évoquant une gestion financière douteuse de ce gouvernement, notamment concernant certaines opérations financières opaques et en particulier celle du prêt international.
    «Je crains que les Tunisiens découvrent peu à peu la taille du gouffre dans lequel nous a mené ce gouvernement, notamment dans la perte de notre rôle majeur en Libye, la gestion des ressources naturelles, l’abandon des décisions de souveraineté et les questions financières ainsi que celles relatives aux prêts», a-t-il assuré.

     

    Concernant le dossier de lutte contre le terrorisme, Adnène Mansar a sévèrement critiqué la nouvelle loi en l’appelant « Loi Terroriste ». Se référant à l’affaire des sept détenus libérés par le juge et ré-interpelés par les forces de l’ordre, il a estimé que le ministre de l’Intérieur doit présenter sa démission, ces personnes ayant été libérées hier. Pour lui, la nouvelle loi présente des lacunes dans la lutte contre le terrorisme, étant donné qu’elle se base sur l’arrestation puis les pressions et les tortures sur les détenus pour qu’ils avouent. Il en veut pour preuve que sur les 100.000 personnes arrêtées les derniers mois, la majorité a été relâchée.
    Pour lui, ce qui se passe en Tunisie actuellement n’a pas été fait même par les plus grandes dictatures : même le chilien Pinochet n’a pas arrêté autant de monde en si peu de temps, a-t-il argumenté.

     

    I.N

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