L’Organisation Human Rights Watch (HRW) a considéré, dans un communiqué publié, jeudi 13 août 2015, que l’ouverture d’une enquête sur d’éventuels actes de torture, qui auraient été commis par la brigade antiterroriste contre les 5 suspects de terrorisme, libérés le 10 août dernier, sera une sorte d’examen pour tester la volonté politique des autorités dans la lutte contre la torture.
Les autorités tunisiennes devraient veiller à ce que la police et les autres institutions coopèrent pleinement à l’enquête, tout en prenant les mesures nécessaires pour lutter contre la torture, y compris la désignation des membres de l’Instance supérieure de lutte contre la torture, peut-on lire.
«La façon avec laquelle le système répondra à un cas comme celui-ci, fera en sorte de démontrer si la Tunisie démocratique continuera à tolérer la torture», a expliqué le directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW, Eric Glodstein.
Le responsable a appelé les autorités tunisiennes « à ne pas pardonner la torture sous n’importe quel prétexte », faisant remarquer que l’interdiction de la torture renforce la souveraineté de la loi et la confiance des citoyens dans les services de sécurité outre son importance dans la lutte contre le terrorisme.
Dans ce document, l’organisation affirme que quatre ans après la révolution, la police tunisienne continue à torturer les suspects, mais à une échelle moindre que sous l’ère Ben Ali. Elle souligne que la loi tunisienne permet à la police d’interdire au détenu de contacter son avocat au cours des 6 premiers jours de sa mise en détention, la période pendant laquelle il est le plus vulnérable à la pression. Au cours de cette période, la police n’est pas, non plus, tenue de présenter le suspect à un juge, ce qui représente un autre élément potentiel pouvant conduire à un acte de torture, affirme HWR.
Par ailleurs, la nouvelle loi anti-terroriste adoptée en juillet dernier permet de prolonger la période de mise en détention des personnes arrêtées dans les affaires liées au terrorisme et de leur interdire de contacter leurs avocats ou leurs familles pendant 15 jours, conclut le communiqué.
I.N










