Un dessin vaut mieux que mille mots. C’est le message que lance Slim Bagga à travers la couverture du 110ème numéro de son bi-mensuel, L’Audace.
La caricature de Mahrsi prend toute la couverture et on y voit un Zine El Abidine Ben Ali à bord d’un navire à la double bannière tunisienne et saoudienne et estampillé Bourguiba. On va jusqu’au détail, le mouchoir porté par Ben Ali avec un couvre-chef identique à l’image de Bourguiba au retour en Tunisie après un long exil.
On ne peut vraiment pas dire que Slim Bagga est un « zelm ». Il a subi les affres de Ben Ali, durant des décennies, à cause de son indépendance et liberté de ton, jugées insolentes. Après la révolution, et sous Marzouki, il aura droit à quelques jours de prison dans une affaire montée de toutes pièces.
Sa couverture sonne comme un avertissement. Non pas à cause du pouvoir et de l’actuel résident du palais de Carthage, loin de là, mais à cause de la banalisation de l’illicite qu’on observe ces derniers temps, comme il le signale lui-même, dans ses deux éditos dans lesquels il a épinglé la Cour des comptes et ses « vieux amis » Moncef Marzouki et Sihem Ben Sedrine.
« Quand on sait comment cela avait commencé sous Ben Ali, on doit redoubler de vigilance et faire barrage à la banalisation de l’illicite avant d’être emportés par les flots. A nouveau ! », conclut M. Bagga.
R.B.H










