Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

La police trouvera toujours quelque chose, si ce n’est pas un terroriste, c’est un homo !

 

La condamnation de six homosexuels à trois ans de prison ferme et leur bannissement de la ville de Kairouan fait réagir de plus en plus les organisations civiles tunisiennes et internationales.

 

L’un des six a été condamné à une peine supplémentaire de six mois de prison ferme pour « atteinte à la pudeur » après qu’on a trouvé sur son ordinateur des vidéos à caractère pornographique, d’après leurs avocats.

 

Amnesty International a ainsi publié un long communiqué dénonçant la sentence. Un communiqué relayé par un bon nombre de médias anglophones et francophones. L’AFP a également publié une longue dépêche reprise par un bon nombre de supports à forte audience.

 

La seule réaction du pouvoir tunisien à cette affaire fut celle du responsable de la communication du ministère de l’Intérieur qui a évoqué la stricte application de la loi.

 

Du côté des partis politiques, on observe jusque là un silence prudent. Le sujet de l’homosexualité étant tabou et on préfère, semble-t-il, ne pas offusquer la population en défendant de telles causes.

 

Reste la société civile qui demeure fort active sur les réseaux sociaux. Les réactions sont diverses et elles oscillent entre la condamnation ferme de ces jugements sévères et l’ironie.

 

L’universitaire Olfa Youssef écrit ainsi : « Si les jeunes sont sûrs que le bannissement ne se fera pas de la ville de Kairouan uniquement, mais de tout le territoire de la République, ils demanderont tous à être condamnés pour homosexualité chez le juge kairouanais ».

 

 

L’avocate et chroniqueuse Dalila Ben Mbarek Msaddek adopte le même ton ironique en épinglant la police tunisienne : « à l’occasion de la campagne de lutte contre le terrorisme et le droit de pénétrer les domiciles des citoyens, les messieurs de la police cherchent un terroriste. S’ils n’en trouvent pas, ils cherchent du cannabis. S’ils n’en trouvent pas, ils cherchent un homosexuel. S’ils n’en trouvent pas, ils cherchent une femme célibataire qui dort avec un homme. L’essentiel est qu’ils trouvent quelque chose et ne rentrent pas bredouilles. Il est impératif qu’ils trouvent quelque chose à présenter à leurs supérieurs, question de légitimer leur salaire ».

 

 

Mme Ben Mbarek rebondit sur une série d’arrestations et condamnations très récentes et toutes liées à des violations à des libertés individuelles. En stricte application de la loi, certes, mais en contradiction totale avec la Constitution et la Charte universelle des droits de l’Homme.

 

R.B.H.

 

 

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *