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Patience, l’année prochaine sera meilleure

Ceci est ma dernière chronique de l’année 2015. Plus que trois jours avant la fin de ces 12 mois qui auront, eux-aussi, marqué l’histoire de la Tunisie. En rétrospective, pas d’assassinats politiques, pas de guerre civile prévue, pas de coup d’Etat ni de sit-in du départ, mais une année non-moins chaotique.

 

L’année 2015 aura-t-elle été pire que les précédentes ? Nous sommes tentés de le croire en effet. Le pays aura connu, cette année, les trois attentats les plus sanglants de son histoire. Oui trois, rien que cela ! Le Bardo en février, Sousse en juin, et Mohamed V, il y a tout juste un mois, et des dizaines de morts dans le compteur.

 

Mais ne réduisons pas l’année 2015 à son nombre de morts. Son bilan est bien plus riche que cela. Des élections démocratiques en 2014, un nouveau pouvoir tout frais et pimpant en place et des promesses plein la vue, on pouvait aisément croire que l’année sera meilleure. Plus de libertés, un meilleur pouvoir d’achat, des régions moins ignorées, un meilleur service public, des rues plus propres, une économie plus saine et une vie politique plus épanouie. Tout cela n’aura été que du vent. Les adeptes du vote utile ou inutile, du vote partisan, du vote patriote ou du vote tout court n’en auront pas pour leur argent. Tous tomberont des nues.

 

Faisons le compte. L’année qui vient de s’écouler a aussi été marquée par de nombreux événements d’ampleur : un nouveau pouvoir issu d’élections démocratiques, des alliances inattendues, un parti majoritaire qui part en sucette, une loi antiterroriste votée dans la controverse, des homosexuels condamnés à de la prison et bannis de leur ville, une instance de vérité et de dignité qui se bat avec la présidence de la République autour d’une loi qui est censée réconcilier, un ministre de la Justice démis de ses fonctions, un gouvernement qui ne veut pas se remettre en question, une corruption galopante et des querelles sans fin entre travailleurs et patrons.

 

Dans le reste du monde ? Le tableau n’est pas plus rose. Des attentats sanglants ont secoué des villes qui se pensaient à l’abri du terrorisme. La Tunisie n’étant pas la seule cible des extrémises, loin de là ! Les frappes sont généralisées et la stratégie terroriste se fait mondiale. Partout dans le monde, l’Islam politique est au bord de la banqueroute, le discours des marchands de religion ne fait plus vendre, il n’est plus alléchant mais obsolète et complètement déconnecté de la réalité. Les islamistes sont à la ramasse cédant la place à d’autres aux armes plus affutées. Mais pour combien de temps ? Est-ce la fin du règne islamiste ou est-ce plutôt une retraite de fortune en attendant des jours meilleurs ?

 

En Tunisie du moins, les islamistes font profil bas. Ils prennent tout ce qu’on veut bien leur donner, adhérent à des opinions qui ne sont pas les leurs et se présentent du côté du plus fort, le tout, en préparant leur retour. Et au vu de ce que le pouvoir actuel sert à ses citoyens, la tâche ne sera pas bien compliquée.  On en regretterait presque la Troïka, mais ne soyons pas défaitistes, ce serait de mauvais augure en cette fin d’année.

 

Plus de 4 ans après le 14 janvier 2011, les rêves d’équité sociale, d’amélioration du pouvoir d’achat, de libertés exacerbées, de pouvoir politique saint et épanoui partent eux-aussi en sucette. « L’illusion du changement » comme la qualifie l’intellectuelle Olfa Youssef n’aura été rien de plus que cela, mais patience nous dira-t-on. Patience, les années à venir ne peuvent être que meilleures. C’est ce que nous avions dit aussi en 2012, 2013 et 2014…

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