Dans une interview publiée jeudi 14 janvier 2016 dans les colonnes du journal arabophone Watane, Hammadi Jebali est revenu sur la crise de Nidaa Tounes.
L’ancien chef du gouvernement explique la crise par l’absence d’un projet clair. Ses fondateurs, selon lui, n’avaient qu’une seule idée en tête : barrer la route à Ennahdha. « D’ailleurs, l’un des leurs l’avait avoué : ‘Nous sommes allés voir M. Caïd Essebsi pour lui dire qu’on devait faire quelque chose afin de faire face à Ennahdha’ », a-t-il argué. « Une fois arrivés au pouvoir, ils se sont retrouvés sans programme et avec des crédos contradictoires. Ces disparités ne peuvent former un parti… Ainsi, la crise de Nidaa est à l’origine une crise identitaire, mais aussi de projet et de formation. Ces éléments font que ce parti ne pourra pas tenir longtemps et les derniers événements l’ont déjà prouvé », a-t-il indiqué en substance.
Hammadi Jebali classe les démissions à Nidaa en deux catégories. Celles qui sont motivées par des « intérêts personnels » et celles ayant un « aspect idéologique ». « Considérez-vous qu’Ennahdha et Nidaa sont les deux ailes d’un seul oiseau ? », lui a demandé le journaliste. « Ils pourraient former un seul oiseau, mais ce serait un oiseau ligoté. Je ne veux pas m’attarder sur cette comparaison. Personnellement, je suis favorable à toute rencontre entre les partis. J’étais le premier à appeler à une alliance et un dialogue nationale », a-t-il dit.
Interrogé sur son intention de créer un parti, l’ancien chef du gouvernement a répondu : « Je n’y songe pas. Mais ce n’est défendu non plus. Seulement, il n’est pas de l’intérêt de la Tunisie que Hammadi Jebali lance, en ce moment, un nouveau parti politique ». Il a, toutefois, déclaré qu’il pourrait se présenter en tant qu’indépendant aux prochaines élections, législatives et présidentielle.
E.Z.










