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20-Mars, fête de la récup !

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    Cette semaine, nous allons commémorer deux dates. La première est le 18-Mars, ça fera un an depuis l’attaque du musée du Bardo. Un sujet que Synda Tajine a – joliment- traité hier. La deuxième date est celle du 20-Mars, ce sera le 60ème anniversaire de l’Indépendance de la Tunisie.

     

    Inutile de préciser que, politiquement, cette date sera récupérée par presque tout le monde. Même Ali Laârayedh ne tarit pas d’éloges sur Habib Bourguiba et son œuvre ! C’est dire le bénéfice que l’on peut retirer d’une telle « affiliation ». C’est ce jour là que le parti de Mohsen Marzouk, le Mouvement pour le Projet de la Tunisie (MPT), a choisi pour faire ce qu’il espère être un grand meeting à la coupole d’El Menzah. Pourquoi le 20 mars ? Eh bien parce que Mohsen Marzouk et son parti représentent « la continuation naturelle du projet réformiste bourguibien ». Rien que ça !

     

    En fait, Mohsen Marzouk reprend une recette qui marche. Grâce à cette descendance bourguibienne autoproclamée, il y en a qui sont arrivés à la présidence de la République, à l’instar de Béji Caïd Essebsi. Il est vrai que s’habiller comme Bourguiba, essayer de parler comme Bourguiba, se réclamer de son héritage et suggérer, à demi mot, que c’est lui qui vous a formé, tout ça peut devenir un argument de campagne dans une scène politique aride. Et pour continuer dans le symbolisme, la statue de Habib Bourguiba sera remise à l’avenue qui porte son nom, le 20 mars 2016.

     

    Qu’il est beau de parler d’indépendance, de liberté et du choix souverain du peuple ! On va en écouter des discours sur les sacrifices des combattants de toutes les époques pour le pays. On va s’extasier et s’émouvoir en évoquant leur souvenir, de Ali Belhaouane à Chokri Belaïd sans oublier Mohamed Brahmi et toutes les victimes du terrorisme. Mais malheureusement, ce ne seront que des paroles et notre indépendance, si chèrement obtenue, n’est qu’un « concept ». Un concept pour lequel on a trouvé un étendard, un nom, un visage, celui de Habib Bourguiba. Et donc, retour à la case départ, on se dispute son héritage à coups de campagnes de com’, plus ou moins réussies, et à coups de photos et de déclarations.

     

    L’indépendance, la vraie, n’est pas vraiment le souci de notre classe politique. Un exemple : La Tunisie va contracter un prêt record auprès du FMI, pour une valeur avoisinant les 5 milliards de dinars. Ce prêt va certainement servir à l’impulsion de l’investissement et ce sera un argent avec lequel on pourra faire tourner la roue de l’économie. Mais ce ne sera pas uniquement ça. On va aussi s’en servir pour payer le pléthorique effectif de la fonction publique, celle qui joue à Candy Crush pendant les heures de bureau et qui ne fout rien de la journée. On va aussi s’en servir pour payer les premières tranches des autres prêts. Bah oui, n’oublions pas que cela fait cinq ans qu’on emprunte. Au bout d’un moment, le boomerang revient et je vous laisse deviner qui se le prendra en pleine gueule.

     

    Comme n’importe quel chef de famille le sait, quand on commence à emprunter pour rembourser, on est mal. Donc, sur papier, on est indépendants évidemment. On est tellement indépendants que l’on n’arrête pas de le crier sur tous les toits. Mais le dit si bien le dicton : Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit.  

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