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Contre la nudité.. et le niqab aussi

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    En occident, la nudité en tant que mode de vie ou mode d’expression corporelle existe depuis des décennies. Et comme nous ne sommes jamais très loin de ce qui se passe dans le monde, notre pays a connu ce mode de vie qu’est le nudisme. Des camps de nudistes, dans des stations balnéaires retranchées ont accueilli des touristes qui se languissaient tout nus au soleil. La Tunisie a même connu ces dernières années, quoique d’une manière exceptionnelle à travers une seule personne, le phénomène de la nudité en tant que forme de protestation politique.

     

    Bien entendu, les Tunisiens, tous bords confondus, ont toujours été hostiles à cette forme d’excentricité. La société tunisienne, naturellement ouverte mais résolument ancrée dans sa culture, trouvait cet accoutrement minimaliste choquant et provocateur. Le législateur tunisien, tout en ayant un élan moderniste clair, a suivi la société dans son refus de la nudité dans l’espace public. Le rôle des lois n’est-il pas de veiller à la paix et à l’harmonie sociale dans le but de préserver les équilibres sociaux en poussant aux zones limitrophes toutes les expressions de la radicalité et de la marginalité ? Si la loi régissant la question de la nudité n’existait pas, il y aurait surement maintenant un projet de loi pour la réglementer. Il est même fort douteux d’imaginer des voix nombreuses s’élever pour soutenir le nudisme dans l’espace public.

     

    A l’heure actuelle, un projet de loi réglementant le port du voile intégral ou niqab, présenté par un bloc parlementaire au sein de l’Assemblée des représentants du peuple, a suscité une polémique et un débat cacophonique dans l’espace public. La surenchère dans les discours des uns et des autres n’est dictée que par des considérations politiciennes, verse dans la démagogie et l’invective ce qui fait le bonheur des médias de caniveaux. Pourtant, sur le plan strictement philosophique, les considérations qui ont conduit au consensus social autour de la question de la nudité sont les mêmes qui doivent être retenues pour trouver un consensus concernant la question du niqab.

    En effet, le niquab n’est rien d’autre qu’une excentricité opposée mais comparable à tous points avec la nudité. Le voile intégral s’érige, normalement et objectivement, comme une réponse au nudisme, chacun se complaisant dans sa radicalité et dans son extrémisme. Ces deux expressions vestimentaires ne peuvent en aucun cas aussi, se départir d’une marginalité criarde au sein de la société tunisienne.

     

    L’argument religieux,  utilisé comme un leitmotiv par les défenseurs du voile intégral n’est qu’une fumisterie et un argument fallacieux destiné à amadouer les bons croyants, pas trop avertis de préférence. Il est historiquement, donc scientifiquement prouvé, que le voile intégral n’est pas islamique, ni même religieux. Il est simplement un signe de reconnaissance et une expression d’appartenance idéologique et sociale.

    L’argumentation pudique et morale ne tient pas la route elle aussi. La morale étant l’ensemble des codes régissant les comportements au sein d’un même groupe social, la société tunisienne, dans son histoire millénaire, n’a pas montré des signes de débauche et s’est distinguée, au contraire, par son centrisme et sa modération. En plus, ce ne sont sûrement pas les niquabées qui se sont précipitées en Irak et en Syrie surtout, pour participer à cette orgie sexuelle appelée Jihad Nikah, qui pourraient donner un exemple de moralité pour quiconque.

     

    Enfin, le respect de la liberté individuelle et la liberté vestimentaire réclamé haut et fort par les défenseurs du niquab, est un argument qui relève simplement de la mauvaise foi. En effet, l’interdiction du niqab, si elle devait être instaurée, ne concerne que l’espace public. Les niqabées pourraient continuer de porter leur voile intégral entre elles dans des espaces privés, tout comme les nudistes qui peuvent continuer à exercer leurs convictions naturistes dans des espaces préalablement délimités et non dans l’espace commun.

        

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