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IACE, UTICA et UTAP : Les suggestions pour une sortie de crise !

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    Une conjoncture économique morose, un climat d’affaires plombé par l’absence de confiance, tel a été l’héritage des évènements de 2011 et plus loin encore, de la crise financière mondiale de 2007. En réaction au flou qui s’est progressivement installé, les différentes forces du pays se sont toutes alignées devant un document signé le 13 juillet 2016 : l’Accord de Carthage.

    C’est sur la base de cet Accord qu’une étude de l’I.A.C.E (Institut Arabe des Chefs d\’Entreprises), menée en collaboration avec l’UTICA (l\’Union tunisienne de l\’industrie, du commerce et de l\’artisanat) et l’UTAP (Agence de promotion des investissements agricoles) a vu le jour. Publiée le 8 septembre, elle a été menée sur un échantillon de dirigeants de 540 entreprises de différentes tailles, secteurs et régions.


    Traitant des futurs axes de travail et des différentes actions que les pouvoirs publics devront entreprendre pour atteindre les objectifs annoncés par ledit Accord, ce document intitulé « Rapport sur l’Accord de Carthage : les priorités économiques de la Tunisie » est une suggestion, une pierre à l’édifice d’une Tunisie encore et toujours en construction.

    L’échantillon d’analyse couvre 16 gouvernorats. Près de la moitié des chefs d’entreprises interviewés sont actifs sur les gouvernorats du grand Tunis. 70% d’entre eux sont dirigeants de PME, l’épine dorsale du tissu entrepreneurial tunisien. 24.32% des entreprises de l’échantillon, exercent dans l’industrie de type « process », 18.92% dans les BTP (bâtiment), 13.51% dans l’industrie chimique et près de 5.4% dans les TIC. De toutes ces activités, 65% opèrent pour l’export.

     

    Comment Lutter contre le terrorisme, le chômage, le secteur informel, la corruption ou encore comment reformer l’administration publique, ou assurer l’équilibre budgétaire et le développement régional ont été les thèmes du questionnaire au quel ont rependules entrepreneurs.

    Au top des actions à mener contre le terrorisme, selon les personnes interrogées, se trouve la lutte contre le commerce illicite. Viennent ensuite le contrôle strict du financement des organisations, le développement de programmes d’inclusion sociale, l’installation d’un système de surveillance ultra-moderne aux frontières ou encore légiférer pour faciliter la surveillance des personnes. Les patrons ont également suggéré : l\’élimination progressive de la liquidité pour la traçabilité des flux financiers et l’investissement dans un système éducatif plus évolué.

     

    Pour réduire l’alarmant chiffre de chômeurs, l’étude fait ressortir le fait que l’instauration d’un programme de formation professionnelle obligatoire et gratuit à l’écoute des besoins du marché du travail est sans doute l’idée la plus adéquate pour combattre le chômage selon les privés questionnés. Un programme d’enseignement avec un bon niveau de compétences ou encore faciliter les procédures de recrutement et de licenciement ont également été parmi les réponses qui sont le plus fréquentes. Il a été également demandé qu’on s\’intéresse davantage aux domaines à forte valeur ajoutée et à forte employabilité, de promouvoir l\’esprit d\’entreprenariat à travers l’incitation et la financement des projets des jeunes chômeurs.

    « Des procédures d’enregistrement simplifiées» a été la suggestion du questionnaire que les entrepreneurs ont le plus apprécié pour lutter contre « le marché noir ». A leur tour, ils ont appelé à purger l\’administration des agents impliqués dans le secteur informel, à diminuer les impôts et à réduire au maximum les droits de douane. Faire mieux respecter la loi en vigueur, renforcer la capacité et les moyens des agents de la douane ou encore créer et aménager des activités industrielles dans les zones frontalières sont les mesures que les chefs d’entreprises ont le plus évoqué pour lutter contre la contrebande qui fait perdre au pays 500 millions de dinars annuellement, selon une étude de la banque mondiale.

     

    Le questionnaire aborde ensuite l’épineuse question de la réforme de l’administration qui passe inéluctablement par le développement d’une administration électronique selon les patrons qui proposent également l’allègement des formalités administratives et la suppression de la séance unique. Outre ces suggestions, les personnes interrogées ont pointé du doigt l’indiscipline et le manque d’assiduité dans la fonction publique. Un problème qui ne saurait être corrigé sans la publication quotidienne d’indicateurs d’efficacité et l’activation de procédures de sanctions, selon eux.

     

    L’accord de Carthage, base de travail de cette étude, identifie la corruption comme l’un des grands problèmes de la Tunisie. Le pays se place en effet aujourd’hui en 76ème place sur un total de 186 pays, en référence à l’indice de perception de la corruption 2015 de Transparency International. La Tunisie est donc très loin derrière des pays comme la Corée du Sud ou la Pologne. Cet indice composite, CPI (Corruption Perceptions Index), mesure par pays, la perception de la corruption du secteur public. Il est calculé à partir d’informations issues d’enquêtes auprès d’experts et de chefs d’entreprises menées par une douzaine d’organisations internationales, parmi lesquelles figurent la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement. Selon les patrons, la première action à entreprendre dans ce domaine se trouve être la simplification des procédures administratives.

    Corrélée à la réforme de l’administration publique la lutte contre la corruption ne saurait se faire sans un groupement de lois visant la transparence totale de l’entité publique et la lutte contre les conflits d’intérêt, met en évidence l’étude. Il a été en outre suggéré de réactiver les systèmes de dénonciation en ligne comme c’est le cas dans plusieurs pays développés dont l’Italie, qui avec ce genre de mesure a pu éradiquer la corruption dans la plus part de ses régions. Un pays qui a, quotidiennement et pendant des années, publié le nombre de plaintes et les résultats des sanctions par région et par ministère, mesure proposée aussi par les entrepreneurs qui ont contribué à la faisabilité de l’étude.

     

    Les personnes interviewées sont unanimes sur le fait que l’accord signé à Carthage le 13 juillet devrait être renforcé par les trois réformes suivantes : celle de l’administration publique, de l’éducation et de l’agriculture.

    Entre une croissance à tendance baissière, une inflation galopante, une balance commerciale largement déficitaire et un chômage qui s’obstine à augmenter, la Tunisie d’aujourd’hui est en mauvaise passe. Sans un travail de fond pour enraciner la culture du travail, renforcer le sens du civisme et l’engagement de sérieuses réformes; spécialistes et économistes voient mal comment le pays pourrait éviter le scénario grec ou la banqueroute.

     

     

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