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Hammadi Khlifi, de l’humour noir qui mène en taule

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    Hammadi Khelifi, un jeune de 26 ans, est actuellement en détention à Sfax, suite à une photo publiée sur Facebook dans laquelle on voit une image du président Béji Caïd Essebsi et derrière lui, un agent des forces de sécurité. Un texte accompagne la photo pour interroger l’agent : « Cher garde, tu ne comptes pas la faire ? Tu es encore jeune, vas  y fonce, nous sommes tous avec toi ! ».

    La photo et le texte ont rapidement divisé la toile tunisienne, certains y ont vu du simple humour, d’autres y ont vu un appel au meurtre, puisque la publication a lieu deux jours à peine après l’assassinat de l’ambassadeur russe à Ankara par un agent des forces turques de sécurité.

    Que ce soit l’un ou l’autre, le procureur s’est saisi tout seul de l’affaire et a convoqué le jeune. On ignore quelle suite il va donner, mais entre-temps, la toile s’est divisée encore davantage.

     

    D’un côté, on rappelle la liberté d’expression et la nécessité de la respecter. On attire l’attention sur le fait que cette métaphore est  de l’humour noir, de l’humour de mauvais goût, de l’humour déplacé, auquel le jeune est habitué.

    Il suffit, en effet, de parcourir sa page Facebook pour constater que Hammadi Khelifi n’est pas à son premier exercice humoristique. Son mur est rempli de phrases et de publications ironiques et insolites à la subtilité parfois éloquente et parfois absente.

    On rappelle dans la foulée que ce n’est pas la première fois qu’il y a des incitations au meurtre et de citer le cas du député Sahbi Atig qui a échappé à toute poursuite judiciaire en dépit de la clarté de ses propos et l’absence de tout humour dans le contexte.

     

     

    De l’autre côté, on rappelle sur ces mêmes réseaux sociaux que la publication du jeune homme n’a rien d’humoristique et on y voit de l’incitation au meurtre. On relève que ce jeune homme est collaborateur de deux organisations hostiles au régime actuel et au président de la République (l’IVD et I Watch) et habituées à la diffusion de la matière haineuse et semant la division entre les Tunisiens. On rappelle aussi que ce type de discours et de publications, dans les circonstances actuelles, peuvent pousser quelques hurluberlus à sauter le pas et à passer à l’exécution réelle.

     

    Dans les milieux proches du président de la République, on rappelle que Béji Caïd Essebsi n’a rien demandé dans cette affaire, qu’il n’a pas saisi le procureur, qu’il a toujours appelé au respect de la liberté d’expression et qu’il s’est toujours engagé à respecter cette liberté, inscrite dans la constitution.

     

    R.B.H.

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