L’ancien chef du gouvernement (2011-2013), Hamadi Jebali, a été l’invité de Borhène Bsaies, ce soir du mardi 27 décembre 2016, dans le cadre d’une interview spéciale diffusée sur la chaîne Attessia pour revenir sur son expérience gouvernementale et son avenir politique.
Au départ, Hamadi Jebali a affirmé qu’il ne s’est jamais retiré de la vie politique, mais qu’il a plutôt pris un peu de recul, « il faut dire que j’ai toujours été présent à travers mes positions et mes idées, aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger».
Ensuite, Jebali est revenu sur la prise de pouvoir de 2011, indiquant qu’il s’est rendu à l\’époque chez Béji Caïd Essebsi, accompagné de Rached Ghannouchi, à l’issue des élections, pour lui demander d\’être à la tête de l’Etat tunisien. « Cependant, M. Caïd Essebsi a refusé cette proposition parce qu’il était contre l’idée d’une large coalition partisane. J’aurais préféré voir Mustapha Ben Jaâfar en tant que président de la République, mais comme Moncef Marzouki représentait le 2ème parti aux élections, je ne pouvais pas contester sa nomination à la tête de l’Etat tunisien ».
D’autre part, il a indiqué qu’il n’a pas regretté son passage à la Kasbah, mais que la gouvernance, dans cette période, était un lourd fardeau, « la période était pour la constitution, et le gouvernement n’a pas réussi à répondre aux revendications de la révolution ».
Dans un deuxième temps, Hamadi Jebali s’est penché sur les circonstances de sa démission, affirmant qu’il a déjà prévu de quitter son poste, avant l’assassinat de Chokri Belaïd, « j’ai fait une auto-évaluation six mois après la prise du pouvoir et j’ai constaté que je n’ai pas réalisé les objectifs escomptés. Du coup je me suis fixé la date du 6 février pour voir s’il y a une amélioration ou si je présente ma démission. Le hasard a fait que cette date a coïncidé avec l’assassinat de Chokri Belaïd ».
Dans ce contexte, il a déclaré que Abdelfatteh Mourou est venu le voir en compagnie de Rached Ghannouchi, lui proposant de limoger le ministre de l’Intérieur, sauf qu’il a refusé cette proposition « consistant à faire de Ali Laârayedh un bouc émissaire et de livrer le pays à l’inconnu ».
Revenant sur l’assassinat de Chokri Belaïd, l\’ancien chef du gouvernement a affirmé qu’indépendamment de l’auteur du crime, cet assassinat visait l’expérience tunisienne et le processus qu’elle a entamé. « Cependant, il y a certaines parties qui ont profité de cet assassinat et accusé le parti Ennahdha de ce crime », a-t-il dit.
Quant à la rupture des relations diplomatiques avec la Syrie, il a indiqué qu’il n’a pas participé à cette décision. « Moncef Marzouki ne m’a même pas informé de cette décision alors qu’elle devait être approuvée par le chef du gouvernement. Ceci dit, cela ne change pas ma position de l’affaire syrienne, mais la rupture des relations n’étaient pas la bonne décision à prendre ».
Dans un autre contexte, Jebali a abordé sa démission du parti Ennahdha soulignant que certains dirigeants lui ont demandé d’obéir vu que « c’est bien eux qui l’ont désigné en tant que chef de gouvernement », chose qu’il n’a pas acceptée.
Sarra HLAOUI










